Greg avait la cinquantaine élégante et sportive.Métier prestigieux, allié à une vitalité soutenue, il était connu comme le loup blanc dans ces lieux qui respiraient le plaisir
et la jouissance. Divorcé il avait avec ses enfants des relations cordiales mais peu fréquentes. D'abord son métier lui en laissait peu de place mais il avait en plus fait face à une veritable
entreprise de démolition de l'image du père dont les blessures ne s'étaient pas totalement cicatrisées.Il se sentait mal à l'aise dans ses rapports ayant toujours l'impression d'être jugé. En fait
toute sa conduite n'avait d'autre but que d'échapper à ce qu'il considérait comme un grave echec et il n'avait plus jamais cherché à etablir une nouvelle relation durable. Il allait ainsi
s'énivrant de sensations fortes sur des latitudes différentes essayant de fuir un passé qui l'avait moulu.
Quand il rentra dans cette boite de nuit , l'hotesse qui l'acceuillit était une inconnue. Mince longue, presque frêle, elle lui parut étonnament pale, avec des yeux bleus clairs , comme un
après midi d'automne, les joues poudrées d'un blanc porcelainé,les lèvres fardées de couleur cuivre avaient cette sensualité enigmatique que l'on retrouve dans les défilés de mode, les cheveux
chatains clairs étaient tirés en arrière comme à la belle époque; mais ce qui le frappa sutout ce fut sa robe de soie blanche, dont les plis vagues mettaient en valeur la silhouette ,
suffisamment échancrée pour faire apparaitre les formes généreuses et attirantes des seins. Pourtant chacun de ses gestes étaient marqués d'une retenue, d'une déférence qu'il ne comprenait pas.
Habituellemnt dans ce genre d'établissement les hotesses éiaient plutot familières, les sourires enjoleurs et les gestes prometteurs.Les deux premières coupes de champagne les rapprochèrent
quelque peu mais le petit fossé du début ne se comblait que difficilement. Ils allèrent sur la piste mais alors que le désir pointait en lui , alors qu'il serrait contre lui cette femme d'une
voluptueuse beauté , il vit alors cet air glacial, ce regard vide d'émotion, cette absence de passion ,: ils continuerent à danser, de ces pas mécaniques de danseurs professionnels où aucun
contrepas ne chavirait l'autre contre vous.Il sentit la fatigue le gagner, des grosses sueurs froides lui coulèrent du front, il ressentit une douleur profonde sur la poitrine et il vit les mains
de la dame blanche lui écraser le thorax avec une force herculéenne . Il perdit alors connaissance.
Le medecin qui l'examina dans son lit appelé par la concierge diagnostiqua un infarctus du myocarde