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CHRONIQUES DE LA ROUTE DU SOI (chapitre 16)

Le fort n'était pas le terrain de foot ball idéal; peu large et non entouré, il nous fallait souvent aller chercher le ballon , soit dans la grande descente du bord de mer soit dans les lentanas multicolores qui bordaient le coté sud du terrain. Ces lentanas et les accacias abritaient une multitude de papillons et de lèzards verts à jabots jaunes qu'il nous arrivait d'apprivoiser et de nourrir de mouches que l'on tuait pour ces repas; l'inconvénient de ces recherches consistait dans de nombreuses interruptions des parties et des  écorchures que nous causaient les différents épineux où nous étions forcés de nous enfoncer. Mais tout cela ne nous empêchait pas de réaliser quelques fantaisies dans les dribbles, dans les petits ponts, dans les grands ponts , dans les rateaux et autres talonnades que nous tentions presque à tous les coups pour attirer les vivats d'une assistance presque entièrement féminine, pour qui le foot balleur en herbe, pouvait représenter une espèce d'idole pourvu qu'il fasse montre d'un minimum de talent. Ce fut la seule période où mes fantaisies furent appréciées. Après, avec la discipline,le devoir du jeu collectif, l'absence d'initiative personnelle, la rigidité des entraineurs, je ne tarderais pas à perdre mon enthousiasme et ne jouerais plus que par intermittences; plus tard ,adulte, il m'est arrivé de rejouer en équipe, mais si j'avais gardé mes dribbles courts , j'avais perdu le sens de l'engagement,n'ayant plus du tout le temps de m'entrainer. La violence sur les stades , même à un petit niveau, a fini par me dégouter, les derniers grands matchs qui me virent spectateur sur un terrain furent les rivalités exacerbées entre le stade de Reims et l'équipe de Nimes, où j'ai pu admirer les Kopa, Panverne, Akesbi, Fontaine, Marche et consorts , dans des matchs passionnés mais sans aucune violence. Le fort n'était pas seulement un terrain de foot , c'était aussi un sautoir,  une barre fixe où la réalisation de soleil n'était pas un exploit mais où une chute au cours de cet exercice à une seule main,m'a fait croire pendant de longs dixièmes de secondes à ma mort immédiate; heureusement au lieu de tomber sur la tête , ce fut mes fesses qui amortirent le choc et je m'en tirais avec l'incapacité de m'assoir sans douleur pendant plusieurs semaines. Le tribunal local y avait son implantation, et les jours de procès devenaient des jours de spectacles; on y jugeait des tas de petits délits, ivrognerie, larcins, raccolages, bagarres, querelles de voisinage et les débats  devenaient à nos yeux des petites saynettes de la vie ordinaire avec le pittoresques des acteurs , juges et jugés, où les rires étaient tolérés.Il y eut même des applaudissements  qui étaient réprimés avec bonhomie par des juges bienveillants.Les sanctions étaient, somme toute, légères et tout ce beau monde se retrouvait ensuite dans les cafés du coin. A SUIVRE CHAPITRE 17
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B
Quel plaisir de te lire et d'imaginer un paysage <br /> sur tes descriptions ....merci mon ami Mocekx .<br /> Jean
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T
oui il est sur que le dépaysement pour nous ajoute au plaisir de la lecture.Amateur de lézards ,orvets ,coronelles ,natrix ,j'ai souvent entendu maman hurler de terreur lorsqu'en arrosant ses fleurs une tête reptilienne surgissait du feuillage !!<br /> quand au foot celà ne m'a jamais interessé ,mais si j'avais eu des spectatrices j'aurai surement adopté ce sport !!
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F
Ces lentanas et les accacias abritaient une multitude de papillons et de lèzards verts à jabots jaunes qu'il nous arrivait d'apprivoiser et de nourrir de mouches que l'on tuait pour ces repas;cette phrase, je l'ai volée au texte de mocekx, je suis très fan et te remercie mocekx de nous faire partager une enfance extraordinaire ds des lieux enchanteurs, je t'embrasse
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