Vous êtes vous déja demandé si votre destin ne vous échappe pas quelques fois. Cela m'est arrivé à quelque reprises.Et, en l'occurence, l'histoire que je vais raconter en est une des
preuves.C'était autour de la troisème, j'étais bien établi dans mon lycée, où je passais pour quelqu'un d'assez drôle, mais un peu le nez dans les devoirs, comme disaient mes copains.De plus, je
faisais de gros efforts pour lutter contre une attaque d'acnée que j'avais du mal à refouler.Le lycée était un immense batiment, peint d'un camaïeu de jaune, qui acceuillait les garçons de la
sixième a la terminale , les seules filles présentes étaient celles de l'école normale des instituteurs et celles de l'institut des beaux arts. A la récréation, on jouait au foot ball et
j'étais, à cette époque, assez souvent choisi car je possédais un énorme shoot du pied droit. Mais il m'arrivait de ne pas jouer car je surveillais les filles de l'étage supérieur, celui de
l'école normale, où je m'interessais à une très élegante "cabresse" une cabresse étant ,dans notre langage, une métisse aux yeux verts. Elle était hors de portée, toujours sérieuse, avec son front
dégarni, sa coupe a la garçonne, ses élégants corsages fleuris et ses juppes bleues dont les teintes variaient avec les jours;amours platoniques d'un ado, vague de désirs irrépressibles, regards
langoureux mais vains , tantale assoiffé de caresses virtuelles.Les années passèrent, et voilà ,qu'à Paris, je tombe face à face avec l'objet de mes désirs inassouvis; je me lance, lui dis tout,
toutes ces années où j'ai attendu ce moment, qui n'avaient pas éffacé son souvenir, toutes les fois où j'ai levé le nez pour simplement l'apercevoir. Elle pensa sûrement que c'était du baratin,
mais il y avait dans ma voix tant de conviction qu'elle accepta de venir danser le soir même. Huit jours de bonheur partagé, huit jours de fiesta , de baisers, de sexe , et de parfait amour. Elle
n'était là que pour huit jours, les adieux furent déchirants, nos larmes se mélangèrent et mon oisillon s'envola. C'est, alors que je me rendis compte, que je ne lui avais demandé ni son adresse ,
ni son numéro de téléphone.Je fis la chasse aux amis pour quémander ces renseignements, mais aucun ne put me les donner.Mais j'avais, encore, un espoir, elle connaissait mon adresse,elle
savait où me joindre, et les jours qui suivirent furent une longue et vaine attente; je devais la revoir quelques années plus tard, l'émotion était encore forte,elle me fit l'aveu suivant : quand
je t'ai rencontré , j'étais fiancée, si tu m'avais dit de venir, je rompais mes fiançailles, mais tu ne l'as pas fait et je me suis mariée; Le destin tient à peu de chose, de l'eau est passée sous
le ponts , la vie a poursuivi son cours et je sais maintenant que mon destin m'attendait autre part. à suivre chapitre8