Peut on rédiger un devoir de philo du Bac sans citations de philosophes. Ma fille pense que cette attitude peut conduire tout candidat à une "beigne" car m'a
t'elle dit c'est aussi pour savoir si l'élève possède une culture philosophique que cette épreuve a une utilité.C'est un point de vue qui ne peut
être que respecté. Mais je ne peux m'empécher d'évoquer les dérives d'une telle vision de la philosophie.Il est facile de se procurer un dictionnaire des
citations et d'en faire usage au moment opportun, dans une dissertation philosophique, cela n'implique nullement que vous connaissiez le philosophe, et vous ornez
d'un vernis de culture un raisonnement qui vous est propre dans le seul but de l'enjoliver et de jeter de la poudre aux yeux. Cette thèse, donc demande, plus
de réflexion et je n'ai pas envie de vous "enquininer"avec des arguties intellectuelles dont l'intérêt n'est pas évident. Je rappelle tout de même que la philosophie, est "l'amour de la
sagesse" et que philosopher nous le faisons tous chaque fois que nous prenons une décision raisonnée.Tout ce préambule pour vous parler du bac, du mien,
celui que je passais il y a quelques longues années et de mon devoir de Philo. Jeune, très jeune, m'ont dit mes professeurs à mon arrivée dans une école pharisienne. C'est vrai que
j'étais une espèce en voie d'apparition, que je me posais en "spécimen" au milieu de ces gens si respectables, si bien vétus, si surs d'eux même, et si dédaigneux. "La
peine de mort" , difficile sujet, risque maximum d'une rédaction maladroite, pour affirmer ses opinions négatives à une époque où elle n'était pas contestée et à peine
discutée. Je dois avouer un certain degré d'inconscience et de vanité, quand j'ai relu, longtemps après, le brouillon de cette épreuve. Les arguments développés sont
ceux qui ont abouti à sa suppression dans toute l'union européenne, mais avec la fougue et la radicalité de la jeunesse cela menait à une déclamation qui pourrait être fort
mal accueuillie; ce ne fut pas le cas et lorsque Robert Badinter fit voter sa suppression je n'ai pu m'empêcher d'avoir un sentiment de satisfaction en dépit de l'hostilité de
l'opinion publique. Le bac ne fut pas seulement une étape de ma vie mais une rupture, une rupture avec mon environnement, une rupture avec l'atmosphère familiale,
une rupture avec les paysages familiers, une rupture avec la bienveillance qui m'entourait, un voyage dans le plus incertain des inconnus. à suivre
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