Les femmes avaient de l'allure et de l'aisance; elles étalaient une hétérogénéité d'origine qui allait de la méridionale grand teint à la scandinave sculturale en passant par l'antillaise
sapotille.
Les plus jeunes portaient des vêtements"près du corps" mettant en valeur leurs formes avantageuses, avec des maqillages nuancés et légers qui enluminaient leurs visages et exaltaient leur
fraicheur, leurs parures étaient discrètes mais lumineuses, avec, quelques fois, des bijoux "fantaisie" aux griffes prestigieuses.
Les moins jeunes avaient un maquillage qui fleuraient l'esthéticienne dans l'art de gommer les ridules, de rafraichir les teints, d'allonger les cils, de souligner les yeux, de colorer les joues,
de valoriser les lèvres, de revivifier les beautés; les vêtements étaient plus évasés, accentuant les déhanchements d'une démarche souple, calculée, répétée dans les salles de musculation, dans les
séances de jogging et de step.
Les plus âgées avaient cessé de courir après leur jeunesse, leurs fonds de teint étaient épais et visibles, leur fard, quelque peu, agressif, leurs rouges à lèvres éclatants, leurs bijoux
massifs et étincelants, leur bagout inépuisable, leurs informations illimitées.
Ce petit monde cohabitait dans une cordiale détestation mais faisait bloc face à toute menace venant de l'extérieur.
extrait de "BOB" de Phil Mocekx