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Candide était admiratif devant les exploits de son cousin germain Georges qui d’une main soulevait un gros caillou et de l’autre attrapait une grosse écrevisse. Il a eu beau essayer, chaque tentative se concluait par une douleur liée aux pinces de ce crustacé qui lui faisait relâcher sa proie. Georges est mort de causes mystérieuses où la bilharziose et l’alcool avaient leur mot à dire. La rivière continue de couler mais les écrevisses ont disparu, victime des pollutions causées par les constructions verticales multiples qui enserrent le lit de la rivière, par les pesticides dont l’épandage n’a pas été interdit, par le chlordécone qui fait des escargots d’énormes animaux et des ogres de végétation. Si vous voulez manger des écrevisses il faut savoir qu’elles viennent de la pisciculture où elles sont nourries de poudres animales. Ainsi va le progrès, ainsi s’installe le modernisme, effrayant fantôme d’avenir que la cupidité des uns et le manque de lucidité des autres installent comme inéluctable dans les cervelles du plus grand nombre que la pauvreté, le manque de temps et le fatalisme conduisent à accepter l’inacceptable. Candide est loin d’être un ayatollah de l’écologie et ne nie pas la nécessité du progrès et de la croissance, mais la dévastation des sites, des paysages, des lieux de vie, des habitats, des forêts, des océans, des mers, des modes de vie de certains peuples l’insupportent au plus haut point. Les hommes ont les moyens d’assurer leur subsistance et de perpétuer leur existence, dans un confort plus qu’acceptable sans ce massacre de la planète et sans mettre en péril l’avenir de leur descendance. Tous les efforts doivent être tournés vers la recherche, l’innovation et la créativité pour assurer tous les moyens de subsistance des hommes et toute la protection de la planète.
Alors la conférence de presse de notre président a certes été une excellente prestation et aurait du faire taire tous ceux qui affirmaient qu’il ne s’était pas glissé dans les habits présidentiels. Il y a fait montre d’une grande satisfaction d’exercer la fonction et d’une habileté, sans pareil, à mettre dans la poche le parterre des médias qui l’entourait. Les jugements excessifs qui lui ont fait suite, n’ont fait que confirmer les jeux politiciens dont notre pays est la victime. L’approbation, sans limite, de François Bayrou, semble justifier le qualificatif de centrisme dont Candide avait affublé sa politique. Il y avait, dans l’exercice, un grand talent, que seul un parti pris pourrait nier, il y avait, dans l’exposition et l’explication de ses solutions, une sincérité véritable. Cela ne conduit nullement Candide à adhérer une politique qui n’ouvre pas le champ de l’imagination de solutions alternatives, d’une vision plus profonde de l’avenir de nos enfants, qui va rester inscrit dans le corset d’un productivisme nocif, d’une perception plus aigüe des ambitions qui peuplent l’imaginaire d’une population qui rêve d’un habitat plus approprié au repos, à la réflexion et l’harmonie familiale, de métiers plus enrichissants, d’un rythme de travail plus adapté à leur rythme physiologique, d’un environnement urbain plus favorable à leur épanouissement et à leur acculturation, d’une politique culturelle à la portée de tous, d’un cadre de vie préservant les potentialités d’une jouissance par tous des bienfaits d’une nature sanctuarisée.