Le coup politique semble être devenu un art de gouverner. Autrefois les prises de guerre étaient ramenées pour être les mets du festin de la victoire ou étaient exhibées dans des arènes pour
y être suppliciées. Autres temps, autres moeurs, les débauchés politiques sont des trophées pris à l'adversaire et font l'objet d'attentions et de considérations particulières voire de signes
d'affection ostentatoires qui font des envieux au sein même du camp des prétendus vainqueurs. A le lancer trop loin, le retour du boomerang peut s'avérer violent et des trophées que l'on croyait
glorieux peuvent se révéler des boulets. les précipitations , l'immodestie, l'arrogance et l'ivresse du pouvoir sont susceptibles de se transformer en véritables armes de guerre contre ceux qui en
sont les porteurs. Il est de bon ton dans les médias français de railler les comportement du chef du gouvernement italien dont les frasques privées et les irrégularités financières font le bonheur
des journalistes du monde entier. Je dois , tout de même, attirer l'attention de ceux qui ne suivent l'actualité internationale, sur le fait que toutes ses attaques renforçaient la position
électorale de ce quidam, car le petit peuple italien, à l'inverse de ses élites, s'incarnait dans le personnage dont la réussite dans la vie ( milliardaire, macho, désinvolte et peu respectueux)
semblait le fasciner. Je pense que l'individu a de nombreux adeptes en France car le bling bling a la même vertu chez nous que la verroterie que les conquistadors échangeaient contre de l'or
au yeux des habitants de l'Amérique précolombienne. Il n'est, pour vérifier cette assertion, que de regarder les audiences télévisées des séries où la richesse est étalée à tour de bras.
Heureusement qu'il y a un contrôle constitutionnel et que l'immunité d'un matamore peut, ainsi, être levée. Heureuse Italie! Il n'est pas question, pour moi, d'ouvrir le chapitre de la vie privée
d'un ministre, mais lorsque l'on observe le luxe de précautions qui précède la nomination d'un ministre aux Etats Unis et l'approbation parlementaire dont il doit faire l'objet, je trouve que
l'ouverture chez nous,a fait, pour le moins, montre d'une absence totale d'analyse et de lucidité. Aussi bien l'affaire Kouchner que l'affaire Mitterand n'auraient pu se produire si une
enquête sérieuse avait été conduite avant leur nomination. Les dénégations et l'appui d'une certaine presse peuvent effacer des médias le contenu de ces affaires. Il restera toujours ce malaise sur
la compétence et l'honnêteté des milieux politiques, qu'entretient, en plus, l'affaire clearstream; ce qui est une menace pour la démocratie.