La langue française a de ces singularités qui pourraient faire sourire s'il ne s'agissait de pièges redoutables pour ceux pour qui l'orthographe est devenue une sorte de pensum que l'on
continue à leur imposer avec une détermination qui frôle le sadisme; surtout que la plupart de nos jeunes communiquent de façon courante et permanente dans une écriture phonétique dont le téléphone
mobile est le média principal.On peut toujours regretter que notre belle langue soit autant sabotée, les conversations écrites instantanées à distance sont un langage véhiculaire qui ferait frémir
nos puristes de parents et nos sacro saints censeurs de la jeunesse toujours en train de se lamenter sur la dégradation de l'enseignement. Que nos braves enseignants soient dépassés par de
réalités technologiques qui avantagent la simplicité de la communication ne me parait pas paradoxal. Il y aura malgré tout quelques grincheux pour prétendre que les enfants en sixième ne savent
toujours pas écrire. Je fais, hélas, partie de ces gens là mais j'ai l'indulgence facile et je ne me permettrais, surtout pas, au risque de les faire succomber à une apoplexie de faire savoir
à la secte la plus tatillonne de l'orthographe que ce phénomène se retrouve au niveau des classes préparatoires aux grandes écoles. D'ailleurs heureusement que des vérificateurs
d'orthographe se retrouvent au sein de nos technologies, sinon nombre de nos articles seraient truffés de fautes d'orthographe; il serait intéressant, pour ses détracteurs permanents et
impitoyables des enseignants, de voir comment ils s'en sortiraient avec une dictée des plus simples; d'ailleurs demandez leur ce qu'ils ont lu ce trimestre en dehors de leur organe
de propagande habituel; la réponse risque d'être édifiante. Car ce que l'on peut surtout regretter c'est la perte du goût de la lecture par la presque totale majorité de nos concitoyens. Peu
importent les lectures pourvu que l'on s'y mette; alors l'on verra réapparaître, peut être, le sens de la grammaire dont le langage phonétique n' a vraiment que faire. Un homme politique, l'homme à
tout faire de la politique française, Michel Rocard avait voulu simplifier le langage élitiste de l'orthographe française, mais comme d'habitude la communication fut à la hauteur de sa
prononciation, c'est à dire tout simplement exécrable et sa tentative de réforme jetée aux oubliettes. Peut être qu'une telle réforme pourrait être reprise en précisant que l'orthographe lettrée ne
subirait pas d'outrages, mais qu'il existerait à ses côtés une orthographe courante dont la phonétique servirait de base. Mais je reste persuadé qu'un telle proposition ferait subir à son auteur
une volée de bois vert que je ne me sens pas de supporter. Toute cette divagation pour vous dire que la foi ne prend pas de E et que le foie est porteur de ce E. Il va de soi qu'il faut avoir une
foi de charbonnier pour croire que je vous ai convaincus. Je vais essayer, donc, de corriger mes fautes d'orthographe.