On a beau dire qu'une main vide peut être d'un grand secours, il n'empêche qu'en ces temps confus il y a plus de mains qui se tordent de désespoir que de mains qui se frottent de
satisfaction. En énonçant ainsi une généralité je me rends immédiatement compte que ce lieu commun est une falsification éhontée de la réalité: une désinformation comme celle qu'on nous sert tous
les jours dans nos médias habituels. Car si grosso modo ceux qui souffrent sont infiniment plus nombreux que ceux qui profitent du désespoir des autres, les plus visibles, ceux dont les dents
longues s'exhibent dans des sourires carnassiers, ceux dont les mains se frottent dans un vacarme d'orage, sont ceux là qui font l'actualité. Et ce sont eux la réalité. En tout cas celle qui émerge
de l'analyse minutieuse de notre situation économique. Et bien oui, comme dirait un de nos comiques aujourd'hui décédé il y des gens qui profitent outrageusement du malheur du plus grand nombre. Le
jeu politique actuel consiste à nous masquer cette réalité, à la travestir à travers des discours rassurants, de fausse sérénité, d'assurances qui ont le même poids que celui des agences de
notation, celles qui nous assuraient de la solidité des subprimes. Alors on nous chante des berceuses du type le pouvoir d'achat a progressé malgré la crise en oubliant de faire remarquer que c'est
la baisse des produits qui a causé une certaine stabilisation et non le plan de relance du gouvernement.Tôt ou tard ces produits vont rebondir et on se retrouvera dans les sables mouvants d'une
politique économique qui n'a pas fait la preuve de sa cohérence.Mais ce qu'on oublie surtout de dire pour ne pas froisser les ego étriqués de certains d'entre nous c'est qu'une formidable
bataille économique est en train de se jouer, avec un renversement de la hiérarchie des places financières en faveur des pays émergents et l'établissement d'une dyarchie Chine - États Unis pour
dicter leur loi au reste du monde. Les brillantes prestations du maître moralisateur du G20 aura abouti à la création d'un G2 où les deux états précités se donnent la main pour dominer le monde.
Quant à la rengaine bien connue des signes avant coureurs d'une sortie de crise elle est démentie par l'explosion du chômage aux Etats Unis qui risque de la retarder pour un bon bout de temps. Il
ne nous reste plus qu'à joindre les mains pour un renversement miraculeux de la tendance au moins pour ceux qui croient aux miracles.