Elisabeth présenta un etat d'abattement total; elle cessa d'écrire, ne voulut plus sortir, resta confinée dans sa chambre, avec des alternatives de crises de larmes et d'apathie
totale; l'appétit vint à lui manquer, elle se désinteressa de tout, ne voulut voir personne, refusant toute invitation et toute vie sociale ce qui ne manquait de créer un
certain nombre de problèmes à son époux dans sa vie relationnelle et professionnelle.Le professeur consulté diagnostiqua une dépression majeure , lui prescrit une médication des troubles
de l'humeur et préconisa, lorsqu'elle en serait capable, une psychothérapie afin d'approfondir les raisons d'un état survenu si subitement. L'anti dépresseur sortit la malade de sa torpeur et
germa , en elle, un méchant désir de vengeance. Ainsi ce qui n'avait été qu'un jeu pour Brown allait connaitre des développements douloureux. Elisabeth, dont l'époux s'inquiétait de l'état, se
décida à lui parler. Mais loin de dire la vérité, elle accusa Brown de tentatives de séduction, de harcèlement , de comportements agressif et de menaces.Klin , qui avait gardé une rancoeur tenace
pour ce petit médecin ne demanda qu'à la croire.Il le convoqua à son bureau, lui fit une scène épouvantable, lui prédit toutes sortes d'ennuis fiscaux et professionnels et le congédia comme un
laquais. S'il avait été plus attentif il aurait vu rougeoyer la lame d'acier dans les yeux de son interlocuteur, dont la colère resta muette car il avait un sens certain de l'honneur qui lui
interdisait de se defoncer sur Mme Klin. Le médecin eut les controles promis, il lui fut quasiment impossible pendant quelque temps d'exercer normalement son métier, mais il demeura coi
et déterminé.Il fit face à cette situation embarrassante avec une solidité morale qui força l'admiration de ses proches, il ne se plaignit jamais, pas un mot de ressentiment ne sortit de ses
lèvres. Il résista mais certains observateurs auraient pu apercevoir cette flamme de plus en plus impressionnalte qui brulait dans son regard. Quelque temps passa , et au retour
d'une réunion officielle, un soir du début du printemps, pour une cause totalement imprévisible mais surtout sans raison particulière la voiture de Klin quitta la voie rapide, fit
plusieurs tonneaux sur le bas coté,écrasant ses deux occupants, le chauffeur et le fonctionnaire. La désincarcération fut laborieuse , les deux hommes gravement blessés, mais ils respiraient
encore. Le transport vers le CHU necessita un hélicoptère mais pendant le transport Klin se mit a gonfler, son thorax prenait l'aspect d'un ballon, il respirait de plus en plus mal, il
commença à se cyanoser; ce n'était le diagnostic qui préoccupait l'assistance médicale mais son traitement; il souffrait d'un emphysème sous cutané, lié probablement à une fracture de cote qui lui
avait perforé un poumon. Tous les efforts qui furent effectués pour arréter sa progression s'avérèrent vains et Klin mourut dans un désespoir conscient de son asphyxie
progressive. A part cette lésion particulière aucune des autres blessures ne se révéla fatale. Elisabeth accusa immédiatement Brown d'être le responsable de cet
irremédiable accident A SUIVRE