commentaires de l'actualité, de l'histoire et de mes livres
Le cimetière de mon village n'est pas seulement un lieu de recueillement mais un lieu de vagabondage de la pensée. Dans ce chaos architectural qui convient bien à la mort, soufle un air de vie joyeuse.Des effluves marines que charrrie le vent de mer l'iode a la senteur poivrée des epices que l'on servirait à une table animée où le bruissement des arbres étouffent des voix chuchotées.Les plaques et les photos applatissent les identités , mais la promenade à travers ces chemins cimentés nous fait découvrir un passé, des visages amicaux , souvent encore jeunes, auquel le parfum des parterres de fleurs , les bouquets sans cesse renouvelés, donnent encore l'impression d'une vie souterraine intense et d'un dialogue permanent entre deux temps de l'existence. Les tombes impeccablement entretenues montrent que l'oubli n'a pas fait son oeuvre et que les êtres aimés le sont encore par dessus les apparences. Descendez lentement vers la mer , à travers cette voie principale , l'eau vient presque jusqu'à vos pieds, la caraîbe étale ses rutilances, ses saignées roses des coraux sous marins, les verdoyances de ses herbage et plus au large le bleu profond de l'inconnu. La mer suggère à tous les étalés que le voyage n'est pas fini, que de la sphéricité de la terre rien n'est jamais abouti, que la vie prend toujours le dessus; aucun des miens n'est tout à fait mort malgré le temps qui tend à effacer; lors de mes nombreux voyages à travers mon présent j'entends les colères de mon petit frère, les jeux de mots compliqués de mon frère Julot qu'accompagna jusqu'au dernier moment son rire éclatant de bonheur, la sagesse de ma Soeurette, dont les derniers moments ont été pourtant difficles; je raconterai dans une de mes oeuvres, cette traversée de l'avenue Lexington , à New York pour me rendre dans un grand magasin où les bavardages de tous les miens m'ont fait oublier le présent. Ce n'était pas une absence , c'était une évasion où chacun d'entre nous en avait une bonne à se raconter; Il ne manquait personne et les quelques kaxons ne nous ont pas fait sursauter , comme si ma famille me donnait une assurance au dela de ce qui m'entourait. Mais le soleil tape dans ce cimetière qui n'est que celui de l'enfance perdue, qui n'est que celui d'un passé résolu, mais qui est un lieu de rencontre à travers les âges, à travers une histoire dont le présent frappe à mes tempes.
A SUIVRE CHAPITRE 29