Les années soixante dix allaient celles de la grande migration; deux projets pharamineux avaient germe dans l'esprit du suzerain
franchouillard et de l'ENARCAT qui l'entourait; l'ENARCAT était une plante carnassière de souche noble qui acceptait quelques greffons
roturiers, vite assimilés, dont le comportement ne différait en rien de celui des autres souches.L'énarcat avait divisé la société en trois grands cercles
concentriques: le premier cercle , celui de la raison, formé des hommes responsables, serviteurs zélés du pouvoir des marchés, confondant libéralisme et liberté,
qui n'acceptait aucun autre mode de développement que celui qu'il proposait sous peine de privation de subventions internationales indispensables.Dans l'autre
grand cercle se concentraient tous les hérétiques de la religion du dieu MARCHE, jetant aux orties le modèle de développement imposé, refusant la contraction du temps et le
confinement de l'espaceaux dimensions d'un pouvoir d'achat, refusant la mercantalisation de la culture, l'appropriation privative du vivant, le pillage
systématique des ressources du globe, la transformation du ciel et des océans en dépotoir de la civilisation technologique, la disparition prématurée de la planète bleue.Entre les
deux la majorité des humains, au comportement corpusculaire, sociophorétique,à laquelle on offrait des distractions suffisamment élaborées pour évanouir toute tentation de
réfléchir sur leur condition; il leur était perfusé aux moyens de médias et de publicités un shéma de pensée et un archetype de vie qui frisaient le
monolithisme.Ainsi ils étaient convaincus que les individus du cercle des rebelles étaient des impies et des infidèles auxquels on devait livrer une guerre sans merci et vouer aux gémonies.
L'ENARCAT, qui s'epongeait encore le front des sueurs froides que lui avaient causées les évènements désagréables de la décennie précédente, qui avaient fait
vaciller leur pouvoir, décida de remettre au gout du jour le culte du dieu RA. Pour cela,il construisit une cité pyramidale, ayant la particularité de se reproduire automatiquement
sur les bords de la méditerranée, lors des voyages des classes moyennes et populaires, leur évitant ainsi tout traumatisme de dépaysement; où qu'on puisse aller on était à la
Grande Motte! Le culte attirant de plus en plus de fidèles, les formes des temples se mutiplièrent pour ressembler de plus en plus aux hachèlemes des banlieues ou aux quartiers
pavillonaires des villes de province; le rite était simplifié au possible: s'allonger ausssi longtemps que faire se peut, une fois sur le dos , une fois sur le ventre, pour bénéficier largement des
bienfaits de la divinité. Les grands messes étaient célébrées tout l'été avec son cortège de sacrifices humains le long des routes et des autoroutes.
PHIL MOCEKX