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L'ouverture du président de la république à des personnalités de gauche continue de faire des vagues.Autant la manoeuvre me
paraissait électoraliste avant les législatives, autant cette attitude pose question dans les conditions actuelles.Je n'ai pas d'explications évidentes quant
à l'appel à Hubert Védrine pour une mission sur la mondialisation, mais je ne traduirai pas ma perplexité par les mêmes jugements de Mr Blanco, ancien
co-directeur de la campagne de Ségolène Royal, qui qualifie cette ouverture de casting. J'ai beaucoup de sympathie pour le personnage d'Hubert Védrine,qui a montré son flegme,
son équité,et sa compétence en maintes occasions. Je le revois encore , dans un débat télévisé, face à Bernard Kouchner, exprimer sa prudence sur la notion du droit
d'ingérence humanitaire qui , affirmait i,l frolait l'expédition néocoloniale, tant les limites de cette ingérence se bornaient à certains pays. Non, je crois vraiment
que s'il a accepté de remplir une mission précise sur la mondialisation, c'est qu'il est sûr de l'indépendance de son jugement et dans ce cas, il n'avait aucune raison
de la refuser; il explique d'ailleurs très bien qu'une telle mission est très différente d'une participation à un gouvernement qui signifierait approbation du programme
présidentiel.
La cause de mes interrogations et de ma perplexité ce sont les motivations du président de la république, je ne suis pas dans le secret de son raisonnement, mais
la manoeuvre me parait fort habile. Voici un homme qui détient tous les leviers de commandes,dont les convictions affichées ne sont pas à mettre en doute, qui doit malgré tout donner quelques
gages à sa majorité et qui confie tous les postes relevant des affaires extérieures, mondiales et européennes à des personnalités de gauche. L'hypothèse que l'on pourrait
formuler c'est que sa conviction n'est pas totalement ancrée, qu'il a l'intention de jouer un rôle majeur sur le plan international et que l'orthodoxie de la diplomatie française dans son
expression habituelle, en particulier sur le moyen orient et la mondialisation ne lui convient pas parfaitement. Il réalise un coup double avec deux diplomates aux avis quelques
fois contradictoires, et il se réserve le droit d'arbitrer. Je prend le pari que l'on n'est pas au bout de nos surprises. Comme dans d'autres domaines certains risquent de
rire jaune.