La ville de Bordeaux est totalement revivifiée par le grand battu des législatives.Les magnifiques façades ont été restaurées, les quais ont repris vie, la ville
ancienne et ses petites ruelles est réanimée par des bars a vins et des petits restaurants qui se parent d'une clientèle jeune et conviviale, les quartiers modernes montrent des lignes épurées le
tram fait entrer l'ensemble dans le 21è siècle.C'était ce soir là VINEXPO ( j'aurais l'occasion de vous parler du vin un peu plus tard) et la fin de la manifestation était marquée
par un gigantesque et magnifique feu d'artifices. Toutes sortes de coloris, de formes, d'étincelances explosaient dans un ciel cahotique et sous une pluie battante et le feux de Bengale embrasaient
les quais de la Garonne qui charriait des alluvions de liesses et de festins dans des effluves d'alcool . La fête battait son plein d'enthousiasmes et de clameurs à peine refroidis par le mauvais
temps . Dois je avouer que ce qui me taraudait le plus était le bruit de canonnade, bruits souterains télluriques et térébrants de mémoires de batailles que je n'ai pas
menées.Grande guerre et poilus éparpillés, déchiquétés en morceaux divers, Dresdes et se habitants dispersés par l'impact des bombardements, enfants aux entailles éclaboussées par des
kamikases sans conscience ou sans espoir, tous ces affrontements où la majorité des victimes sont les plus innocentes. Les bribes de mémoire surgissaient en jets écoeurantss comme une méningite de
trop plein de lectures qui effaçait le présent et la réalité derrière une fiction psychotique dont la compréhension m'échappait totalement mais qui entrait en résonnance avec la quotidienneté des
violences que l'on a ancrées en chacun d'entre nous.
Il est difficile de parler de colonisation ,et c'était ce même soir, sans que s'affrontent deux mondes différents qu'enferment des dimensions exotiques d'un univers
où leurs nombres sont des mutiples de trois. L' un , celui de la bonne conscience, où sous le plafond bas d'une xénophobie ordinaire , l'on nous en décrit les
bienfaits, l'autre celuide la repentance où l'on exhibe en trophées les actes libératoires qui ont conduit les peuples opprimés à la victoire. Ces deux mondes parrallèles n'ont
aucun point de rencontre, heureusement, l'univers nous a réservé des dimensions supplémentaires.
Si l'on poursuit ce voyage , à travers la mémoire, l'on tombe, à coup sur, sur ces réunions de famille où l'on a un devoir de sympathie et de gaité; tout cela a des relents
d'enfance et de paradis perdu. Perdus aussi ces anciens , presque toujours au bout de la table, emprisonnés dans leur surdité et leur semi cécité, qui parlent peu, de peur de déranger et de
répliques inopportunes et qui ont mis le pied sur l'ile de la sollitude , première etape , d'un long exil.; plus tard c'est ce grand désert qui les engloutira, désert en forme
d'archipel, où ils ne reconnaitront plus le monde où ils ont vécu si longtemps, où le flot continu des nouveaux arrivants ne leur fait ni chaud ni froid , tant ils sont revêtus du voile
de l'indifférence. Cet archipel a pour nom ALZHEIMER. Puissent les temps ne nous y fassent pas échouer!