commentaires de l'actualité, de l'histoire et de mes livres
Les hommes que la maladie guette à tout âge s’imaginent que la vieillesse est un état lointain dont ils n’ont pas à se préoccuper. Mais le temps, même si l’on sait que c’est une mesure qui n’a pas d’existence autonome, passe par le cœur des êtres et s’écoule dans un mouvement inexorable qui fait passer du désordre à l’ordre, et la vie est un désordre. J’ai beaucoup écrit sur la vieillesse, celle que je voyais dans le miroir des autres, celle qui abandonnait la vie sur le bord des chemins, celle qui décrépissait la beauté et désespérait les belles, celle qui guidait vers les déserts de la solitude, celle qui conduisait à l’effacement définitif. L’instant d’avant on était jeune et on avait l’éternité devant nous. Ce clignement d’œil du destin a pour seule utilité de nous faire croire en la vie et d’en profiter et d’en faire profiter les autres, sinon notre vie n’aura pas d’intérêt !
La crise de migrants et les propos inimaginables de nos élites politiques reflètent la décadence d’une civilisation qui fut la plus brillante, la plus créative, la plus généreuse elle qui a inventé le mot fraternité. Nous n’avons plus de grands hommes et ceux qui se démènent dans ce bocal à poissons rouges qu’est devenue la vie politique ouvrent la bouche pour ne rien dire comme ces charmants animaux de compagnie dont ils ont pris la place ! Ceux dont on entend le plus les voix sont ceux qui ont cru s’échapper du bocal et qui créent des situations telles que tous les citoyens vont se retrouver dans le bocal. Les citoyens qui se heurtent aux parois du bocal ne vont par tarder à essayer de fracasser les parois de cette prison de verre pour retrouver le cheminement normal vers la liberté, vers l’augmentation de leur espace de vie, vers des sentiers lumineux qui tracent des axes vers ces minuscules étoiles du lointain qui sont autant de promesses d’accomplissement, de libérations des carcans que nous façonnent ces hommes de mains de l’ultralibéralisme, qui sont autant de murs entre nous et l’épanouissement même si ces murs sont transparents.
Refusons ce bocal de confinement et battons nous pour que survive l’espoir d’un véritable épanouissement ! Pour que tous les hommes , d’où qu’ils viennent, partagent cet espoir