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Les français sont donc pessimistes à tord ou à raison; qu'un pays aussi développé que le notre conduise ses citoyens à un tel sentiment est un paradoxe dont l'analyse conduit à une forte dose de perplexité. Le pacte républicain scellé depuis un siècle et demi qui a fait l'objet d'une amélioration importante par le Conseil National de la Résistance comportait un volet social et solidaire qui devait mettre à l'abri nos concitoyens de toute mésaventure grave et définitive. Et pourtant les enquêtes n'ont de cesse de montrer les inquiétudes des français et surtout pour une grande partie d'entre eux l'absence de perspectives. Certes le caractère latin de notre peuple peut l'amener à une analyse pessimiste de la situation, certes les modifications rapides des modes de vie liées à la mondialisation ont de quoi le déboussoler, certes la situation économique dégradée de notre pays a de quoi semer le désarroi, certes l'individualisation radicale du comportement de chacun est une source d'isolement, mais d'autres pays, dans ces mêmes situations n'ont pas eu les mêmes réactions.
Les causes de ce malaise sont multiples et complexes. Depuis plus de trente ans un chômage lancinant pourrit la vie des plus fragiles. La crainte de perdre son emploi et de la dégradation de leur conditions de vie accompagne avec insistance la vie de tout un chacun y compris ceux qui le risquent le moins. Devenir SDF est une obsession négative qui parcourt tout le corps social. La concurrence pour le travail, qui est habituelle dans d'autres cultures, conduit à un isolement et à une absence de dialogue qui n'est pas réparée par des des structures de dialogue dans le milieu professionnel. Les atteintes au pacte social sous les prétextes de la modernisation ou du dynamisme économique sont considérés comme des injustices criardes et très mal acceptées. Le sentiment d'être assiégé par des cultures différentes qui veulent mettre à mal notre identité, sentiment propagé et diffusé largement par les médias et le pouvoir ne conduit pas à un optimisme débordant d'autant que chacun d'entre nous a le sentiment d'un déclassement de notre pays aux yeux de l'opinion mondiale. La stratégie de la tension qui est le mode actuel de gouvernance de notre état et de certaines de nos entreprises n'est pas de nature à faire émerger un sentiment de confiance et encore moins d'enthousiasme qui est pourtant indispensable pour le redémarrage de notre économie. Enfin la peur et le sentiment d'insécurité ne sont pas là pour rapprocher notre population pour un projet commun et pourtant c'est le mode opératoire que certains ont choisi pour des motifs électoralistes inavouables.
L'optimisme et les raisons d'espérer sont des moteurs indispensables pour redynamiser les hommes, les entreprises et notre pays. Il faut donc leur offrir des perspectives d'espérance par un programme pour une société différente où la solidarité jouirait le plus grand rôle!