commentaires de l'actualité, de l'histoire et de mes livres
Difficile de parler de l’évènementiel quand l’essentiel est transmuté par l’injustice, l’inégalité et la discrimination. Quand l’ordre établi est le reflet d’une hiérarchisation dont la structure relève d’un génome social dont le pouvoir de reproduction asphyxie la démocratie. Car il ne peut suffire de doter un pays des éléments constitutionnels et juridiques pour en faire un état démocratique, il faut que cette démocratie, pour exister réellement, soit accessible à tous, qu’elle soit suffisamment attractive pour soulever l’intérêt de chacun, qu’elle soit suffisamment ouverte pour donner à ces citoyens l’éducation et la culture pour leur permettre d’avoir un avis argumenté sur son évolution. La justification de cette hiérarchisation par les inégalités de naissance ne résiste pas à l’analyse. Celle qui consiste à mettre en avant des inégalités de motivation a, sans doute, plus de profondeur, mais elle abandonne sur le bord du chemin les causes intrinsèques et extrinsèques de ces démotivations. Reste l’argument ultime du travail fourni qui est démenti par le simple examen des postes de travail qui en révèlent la fatuité. Ce qui est vrai, et qui ne justifie nullement la pérennité de notre échelle sociale, c’est la diversité de nos capacités, de nos aptitudes, de nos propensions professionnelles et de nos besoins. Mais si cette vérité nous donne les possibilités d’exercer les professions qui correspondent à nos aptitudes, une vraie démocratie permettrait la réversibilité de l’échelle sociale ou du moins son évolution profonde.
Le déficit démocratique de notre pays est criard. La sclérose sociale qui résulte de la reproduction autogène des élites financières et politiques est une des causes fondamentales du sous développement économique qui nous frappe de plein fouet. Les gardes fous de la finance internationale, la globalisation et ses organismes satellites (OMC, FMI, BANQUE MONDIALE) en sont une autre en appauvrissant considérablement la réflexion économique. L’extrême pauvreté de notre éducation et notre acculturation ne permet pas d’envisager le renouvellement de nos élites. La raréfaction volontaire de l’offre d’emplois tue le ferment de toute révolte sociale. La corruption qui met la France à des niveaux équivalents à des états du tiers monde accentue notre handicap démocratique. Sans compter la fraude fiscale, la cupidité d’un certain nombre, le manque de solidarité, le patriotisme aléatoire des possédants et la compétence très contestable de certains de nos capitaines d’industries. Une armée d’auxiliaires intellectuels est au service de cette forteresse anti démocratique : économistes, politologues, experts en tout genre, chroniqueurs, professeurs es diverses matières juridiques, avocats. Cette pléiade de spécialistes aux compétences variées n’a qu’une fonction : interdire les évolutions indispensables vers une véritable démocratie. L’hétérogénéité des convictions politiques souvent dichotomisées en face des situations nationales et internationales, les xénophobies historiques ou conjoncturelles, les guerres religieuses larvées témoignent des insuffisances culturelles de notre démocratie.
Notre prospérité passe par l’établissement de la démocratie ! Ceux qui en sont partisans doivent user de toutes leurs forces et par tous les moyens pour arriver à cette fin !