Qu'ils sont tristes, nos tropiques
Les cieux nous montrent
Du doigt menaçant de Neptune
Nous frappent à tour de bras
De colères bien injustes
Hades y prend sa part
Par les toits de l'enfer
Il défonce nos sols
Engloutit nos enfants
Nos âmes prisonnières
Aux ailes ensanglantées
Errent dans les déserts
De terres sans horizons
Les rats font des festins
Des yeux exorbités
Des peurs abyssales
Nées des colères divines
Que d'autres ont déclenchées
Pourquoi tant de malheurs
Pourquoi tant de souffrances
Le malheur a choisi
Notre île comme promenades
Parsemant son chemin
De corps écrabouillés
De corps disloqués
Dans une ville fantôme
Les cris désespérés
Des femmes qui agonisent
Sonnent comme des tocsins
Aux oreilles des vivants
Les listes des Paradis
Sont vides de nos noms
Et des jardins d'Eden
La piste a disparu
Car de nos yeux hagards
Toute espérance a fui
Le malheur a choisi
Des pauvres comme osselets