commentaires de l'actualité, de l'histoire et de mes livres
Silence
On tue
Je suis le gazouillis du petit gazaoui
Qui habitait encore dans le cou de sa mère
Je suis le chuintement de l’enfant éventré
Je sui le suintement de cette peur poisseuse
Qui exsude de ce sol telle une malédiction
Des orgues de barbaries
Là bas dans le lointain nous arrosent
De feu de larmes et de fer
En maculant de sang
Le sol et leur drapeau
Vous le peuple élu
Vous le peuple des justes
Hommes de terre promise
Et de terres conquises
Entendez le grondement
Qui monte des transmanences
C’est la voix de vos fils
Suppliciés d’une autre barbarie
Et si vous écoutiez
Vous saurez que leurs voix mêlent
Leur propre terreur
A celle d’aujourd’hui
Et si vous regardiez vous, dont les flots, un jour,
Vous sont venus en aide
Vous verrez se gonfler cet océan de larmes
Qui sont celles de nos pères, de nos mères, de nos frères
Parcouru par les vagues furieuses de la vengeance
Et si vous détourniez le dos de ces horreurs
La main sur les oreilles
Pour éviter d’entendre
Vous les hommes de conscience, de sciences et d’ingérence
Un jour sur une estrade ou dans quelque forum
Après quelque violence africaine ou indienne
Vous entendrez monter, dans votre dos détourné
Une voix qui vous dira :
Je suis le Gazaoui
Et je réclame justice
Silence
Car à nouveau on tue
Dans ce monde du silence
La haine joue à cache cache
Mais c’est la mort qui gagne
Funeste partenaire !