commentaires de l'actualité, de l'histoire et de mes livres
Les sujets d’indignation se font légions dans l’actualité récente. Deux d’entre eux se retrouvent dans notre actualité proche et méritent d’être soulignés par leur exemplarité et par leurs conséquences. Le premier c’est l’extradition de la française Aurore Martin vers l’Espagne en exécution d’un mandat d’arrêt européen dont la militante basque faisait i l’objet depuis 2010 pour avoir pris la parole dans une réunion de Batasuna, parti considéré comme terroriste en Espagne mais légal en France. La précipitation de notre ministre de l’intérieur à faire exécuter ce mandat est d’autant plus contestable que la prise de parole de cette militante basque ne semblait comporter aucun appel à la violence et qu’elle risque, par sa seule qualification de terroriste, une peine de 12 ans de prison. L’esprit des lois n’a pas été respecté en la matière et la réputation de notre pays risque d’être altérée par cette décision précipitée. Le deuxième c’est le bras d’honneur de notre ancien ministre de la justice, Gérard Longuet a fait publiquement à l’Algérie qui réclamait une repentance pour la période coloniale. Qu’un ancien ministre qui connait, mieux que tout le monde, les usages diplomatiques se permette un tel geste public a des conséquences sur les relations entre les deux pays, est un mauvais exemple pour notre jeunesse à qui l’on demande plus de civilité, rappelle le passé d’extrême droite de ce ministre et le mépris qu’il a gardé envers un certain nombre de peuples qui ont été sous domination de notre pays.
L’actualité internationale foisonne de ces sujets d’indignation et là aussi je n’en cite que deux : l’exécution par les troupes nigérianes de 40 jeunes hommes sous prétexte de lutter contre le groupe islamiste terroriste Boko Haram. Ce genre de crime ne peut que renforcer la détermination des adhérents à cette organisation et radicaliser les conflits interreligieux dont les conséquences internationales peuvent être catastrophiques. Le deuxième c’est l’exécution sommaire par les rebelles syriens de soldats blessés de l’armée régulière, exécution qui jette un jour très négatif sur la rébellion et sur le projet de société qu’elle compte établir en cas de succès.
Le système médiatique français subit actuellement une sorte d’emballement. Prompt à juger, prendre parti et condamner, il est victime d’une sorte d’ivresse qui le porte à croire à sa toute puissance et à son pouvoir de faire et de défaire les rois. Aucune modération ne le porte à tempérer son opinion et il jette aux orties rapidement ce qu’il a porté aux nues. La politique élyséenne actuelle est victime de cet emballement : louanges sans retenue d’un ministre de l’intérieur qui pour l’instant n’a pas fait preuve d’une quelconque originalité dans sa politique, adhésion totale à la politique syrienne de notre gouvernement, exigence d’une précipitation dans les prises de décisions gouvernementales, accusation d’immobilisme de l’action de notre gouvernance. Cette gouvernance ne mérite ni les exès d’adhésion ni le rejet dont le pouvoir médiatique fait preuve à son égard.