Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

commentaires de l'actualité, de l'histoire et de mes livres

Publicité

DECLIN

Les vacances : ce mot magique a empli ma jeunesse de rêves de joie, de rencontres amicales ou amoureuses, de saveurs exotiques fourrées dans des mets les plus banals, dans les glaces pilées du vendeur du coin de la rue, dans les sorbets élaborés par des messieurs ventrus à l’allure à la fois sévères et bon enfant, vêtus d’une blouse et d’un tablier blanc, des histoires de Nono qui, bien que du même âge que nous, nous faisait découvrir des secrets grivois ou nous faisait des cours rigolos sur les hymens  qui taquinaient nos imagination de puceaux. Et puis, il y avait la mer calme et apaisée comme la caraïbe ou nerveuse et coléreuse comme l’Atlantique. Et, surtout, il y avait nos parents, ces gens que la génération suivante aura tôt fait d’oublier et qui nous organisaient des aventures en forme de voyages circulaires ou de monstrueux dîners familiaux que j’ai eu l’occasion de conter dans les chapitres de « la route du soi ». Ces  souvenirs de ces amitiés désintéressées de notre enfance ont accompagné la totalité de mon existence car ils ont fait grandir mon estime de soi, car à aucun moment nous n’avons eu l’impression de nous rabaisser dans nos jeux et dans nos aventures. Le respect que nous portions à tous était un motif de fierté silencieuse qui a continué à se loger dans un de ces recoins obscurs que contient notre cerveau.

La mer a été notre horizon et notre terrain principal de jeu et j’ai continué à la sillonner autant que mon métier me le permettait. Maintenant que la vieillesse a atteint et altéré mes capacités la mer continue à être ma destination de vacances la plus assidue. Avoir une chambre donnant sur la mer constitue un plaisir sans cesse renouvelé.

Je suis parti en vacances récemment dans un de ces hôtels touristiques qui font le plein à la basse saison avec les retraités et souvent avec les associations de personnes d’un certain âge. J’avais amené de quoi lire et, croyez moi, ma lecture et mon séjour ont du mal à trouver leur autonomie. « Quant la lumière décline » ce solide roman d’Eugen Rude nous expédie dans l’atmosphère d’une famille est- allemande qui eut son heure de gloire et dont le déclin fait remonter en surface toutes les jalousies malsaines entre ses membres et tout le mépris que se portaient les uns et les autres. Il nous fait entrevoir les causes de la chute d’un tel régime dont les hiérarques étaient recrutés non sur leurs capacités réelles mais sur leur opportunisme et sur le peu d’ombre qu’ils pourraient faire aux autres. Quant à nos retraités ils se complaisaient dans la médisance des uns et des autres, dans un alcoolisme joyeux, dans une bouffe abondante et dans leurs chansons de jeunesses. Il n’y a, de ma part, aucun mépris, mais une peine certaine à voir se décliner sous cette forme, l’avenir des générations suivantes. Les drogues sociétales et médiatiques avaient accompli leur œuvre et évacué tout projet de culture des esprits qu’elles avaient pollués. Qu’une société  en arrive là voit sa lumière décliner et ses membres pacés dans le même état que celui

 celui de cette famille allemande. Il y a du pain sur la planche !

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
<br /> Je redoute les vacances dans ces usines à touristes, et pire encore, quant elles réunissent des catégories, les jeunes, les retraités, les familles, et pourquoi pas des catégories<br /> professionneles. Non, je suis définitivement pour le brassage qui uni plutôt que pour cette forme corporatiste qui sépare.<br />
Répondre
N
<br /> La mer ouvre des horizons vers l'infini et évoque les voyages vers les pays lointains à découvrir ou redécouvrir ...<br />
Répondre
J
<br /> Un beau récit que j'apprécie, Mocekx.<br /> La roue tourne. Les années passent et c'est vrai qu'avec lâge, elles paraissent passer plus vite... Mais heureusement , nous avons nos souvenirs d'enfance (as-tu lu Trois sucettes à la<br /> menthe  de Robert Sabatier, et toute la série ? )<br /> <br /> <br /> Des livres qu'il faut emmener pour les vacances... (Tu y trouveras des moments vécus, adorables)<br /> <br /> <br /> personnellement si j'aime la méditerranée pour sa "douceur", je préfère l'atlantique qui a un climat bien plus vivifiant... et il m'arrive fréquemment de me mettre à la fenêtre et de regarder la<br /> mer...<br /> <br /> <br /> C'est simple, c'est beau ; c'est la vie aussi !<br />
Répondre
E
<br /> je suis comme toi<br /> <br /> <br /> je ne peux me passer de la mer bien longtemps...<br /> <br /> <br /> c'est sur on a plus le meme genre de vacances de nos jours !!!<br /> <br /> <br /> le temps passe ...<br /> <br /> <br /> bises et bonne soiree mocekx..<br /> <br /> <br />  <br />
Répondre
B
<br /> peut être parce que cette génération a trop fait confiance aux politiques qui "agissaient pour le bien de tous" alors qu'ils étaiaent au service d'un tout économique qui leur permettaient de<br /> s'enrichir...<br /> <br /> <br /> alors il vaut mieux qu'ils boivent pour oublier...<br /> <br /> <br />  <br />
Répondre
A
<br /> Salut cette réflexion pleine de poésie sied bien à un dimanche pluvieux .Il n'est pas étonnant que l'on garde de bons souvenirs d'enfance  si comme je crois deviner on a passé sa jeunesse ou<br /> une partie de celle ci, aux Antilles .Je n'y ai passé que quelques années (une dizaine) et mes enfants qui étaient des ados à l'époque me parlent souvent ,des "frozen" ,des sorbets  coco<br /> faits sur la plage , des "sic a coco" ,et bien souvent en créole qu'elles ont appris dans la cour de recréation .Je crois que ce sont ces images et ces sensations de l'enfance qui nous formatent<br /> à jamais et qui à mesure que l'âge avance deviennent étrangement plus présentes<br /> <br /> <br /> bon dimanche<br />
Répondre
M
<br /> Les vacances sont à l'image de celles qui nous avions connues étant jeunes, elles sont devenues si différentes de ce qu'elles étaient, tout comme le sont celles de nos enfants, oui, la roue<br /> tourne et nous tournons avec ... A++<br />
Répondre