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Candide a beaucoup apprécié cette anecdote : un médecin d’origine franco maghrébine soigne depuis peu de temps une femme connue pour ses opinions excessives ; un jour, alors qu’il lui faisait une visite de routine, il reçoit de cette patiente une enveloppe qu’elle lui demande de n’ouvrir qu’une fois qu’il sera dans son cabinet. Il arrive dans son cabinet et ouvre son enveloppe et il y trouve …. Une carte du front national de l’année et que sa patiente avait déchirée ! Candide trouve deux morales à cette histoire : la première c’est que la connaissance de l’autre modifie la vision que l’on a de lui et de sa communauté ! La deuxième c’est que l’éducation et la culture, qui permettent l’acquisition d’une profession visible, sont des éléments de transformation de la vision qu’ont les autres de soi même !
Vous comprendrez, assez facilement, pourquoi il parait beaucoup plus important à Candide de parler de ce qui doit être à la base de toute cohésion nationale que ces épiphénomènes que sont les exils fiscaux de personnages dont l’importance ne réside que dans l’intérêt que l’on peut leur porter et qui n’existeraient pas sans cet intérêt. Or, ce dont Candide est persuadé c’est sans cette cohésion aucun peuple n’existe vraiment et aucune exégèse sur une identité nationale, forcément évolutive, forcément discriminatoire, forcément excluante, ne peut être opposée à l’exigence de cohésion d’une nation qui est la base du destin de toute nation. La cohésion c’est l’acceptation des différences des ethnies qui constituent les peuples de la nation pour pouvoir œuvrer pour la prospérité de son pays et surtout pour pouvoir œuvrer au bien être et au confort moral des membres de cette nation. Car par delà les différences d’origine, de situation, de profession, de religion, avec ce désir de cohésion, il y a dans le subconscient des citoyens, le sentiment d’un destin commun et de la nécessité de donner tout ce qui est indispensable pour atteindre ce but.
Toutes ces querelles autour de choses, vraiment sans importance, tout ce maquis d’oppositions dont on ne voit pas les tenants et les aboutissants, tous ces personnages qui veulent se donner un reflet dans le miroir de l’histoire, tous ces histrions qui n’ont comme réalité que leur baudruche, sont les mirages que nous font miroiter les acteurs de la décohésion nationale ! La vérité c’est que la cohésion conduit à la cohérence de l’action et que cette cohérence, dans la situation actuelle de notre pays, est la lueur de la sortie du tunnel. Mais la cohésion demande des efforts, demande de l’éducation, demande de la culture, demande de la persévérance et de l’entraide, de la solidarité et de la fraternité. Bâtissons une société dont tous ces éléments seront la charpente !