commentaires de l'actualité, de l'histoire et de mes livres
En lisant l’excellent roman de Philip Roth, Némésis, Candide ne peut s’empêcher de penser aux immenses progrès qu’a faits la recherche médicale et la qualité des soins depuis ces dernières années décennies. Certains fléaux qui faisaient régner la terreur par de grandes épidémies mondiales ont été presque totalement jugulés, ces maladies infectieuses qui tuaient des milliers d’enfants chaque année sont parfaitement maitrisées, les maladies cardiovasculaires ont régressé ou sont contenues de manière spectaculaire, les cancers ont vu leur taux de guérison approcher les 60%, les différentes grandes virémies actuelles dont le Sida sont souvent devenues des maladies chroniques, les grandes pathologies auto-immunes sont de mieux en mieux soignées, les organes défaillants sont de plus en plus remplacés, les diagnostics bénéficient de moyens de plus en plus sophistiqués, et tous les jours sont découverts de nouveaux moyens thérapeutiques susceptibles de sauver ou d’allonger des vies.
Deux aléas tempèrent l’optimisme de Candide : la santé coute de plus en plus chère et ce prix est mis en cause par certains économistes pour lesquels les hommes sont devenus des marchandises dont il faut tenir compte de la rentabilité, mais aussi par des Etats qui ne sont plus prêts à payer le prix de ces progrès ou ne sont plus capables de les payer. L’autre aléa c’est la cupidité de certains financiers des entreprises pharmaceutiques qui mettent en circulation des molécules n’apportant pas de progrès suffisants ou qui sont même nocives pour la santé. L’implication des organismes d’habilitation et de contrôle ne peut pas être niée. A ce stade Candide ne peut que regretter le déséquilibre énorme dont souffrent les états les plus pauvres qui ne bénéficient que de la partie la plus congrue des progrès médicaux, bridés qu’ils sont par les exigences de l’industrie pharmaceutique.
Les démences continuent de constituer un problème, pour l’instant insoluble. La vieillesse n’est pas une maladie mais elle entraîne des handicaps qui vont jusqu’à la dépendance totale. L’allongement de l’espérance de vie est liée à des facteurs multiples dont la prise en charge médico- sociale constitue un des principaux. La mort est la fin de la vie et est programmée par des facteurs génétiques et enzymatiques qui la rendent inéluctable. Elle est un facteur de perpétuation et de renouvellement de l’espèce humaine et est régie par la loi de l’évolution.
La défense de notre système de santé doit constituer un des buts essentiels de notre action politique qui doit préserver, expressément, l’accès aux soins pour tous !