Les leçons de la crise ont elles été tirées.Lorsque l'on voit à nouveau la prospérité des banques, la bonne santé des bourses et la résurgence des vieilles habitudes de la planète finance on
ne peut que demeurer sceptique malgré le triomphalisme dont ont fait preuve les dirigeants du monde après la réunion du G20. La crise n'a rien appris si ce n'est que ses victimes sont toujours les
plus fragiles. Chacun y va de sa tirade et se laisse pousser le nez à la façon de Pinocchio. Car à moins de consacrer le malthusianisme dans ses relations démographie économie c'est notre modèle de
développement qu'il nous faut repenser. Chaque jour et constamment un économiste de renom vient nous rabâcher que notre pouvoir d'achat est deux fois supérieur à celui des trente glorieuses et des
centaines d'essais sont écrits pour nous le prouver. Et pourtant nous sommes moins heureux, moins satisfaits de notre sort, moins confiants dans l'avenir. La recherche de la croissance à tout prix
a ses propres limites qui sont dues à la satisfaction déjà atteinte de nos besoins réels, au moins pour la partie la plus capable de consommer de la population. On a beaucoup attribué aux
organisations financières la responsabilité de la crise et cette responsabilité elles doivent l'assumer quant au déclenchement de la catastrophe. Mais, ce que l'on dit moins c'est la relation de
cause à effet entre notre appétit de consommer et surtout de consommer du superflu et la survenue des évènements. Les organismes financiers ont sauté sur l'occasion pour créer des mathématiques
financières susceptibles à la fois de permettre une spéculation effrénée et de faciliter l'accession au crédit pour des classes de plus en plus larges. La spéculation immobilière faisant office de
pompe à finances et de garantie solvabilité. Tout le système était solidaire, et tout le système était entretenu par toutes sortes d'organismes chargés de se contrôler les uns les autres en
se tenant par la barbichette. L'écroulement final était inscrit dans les gènes mêmes d'une telle organisation. Alors on peut demander de moraliser, on peut faire affleurer de nouvelles règles
de régulation de la finance mondiale, celle ci ne peut que finir par répéter ses erreurs compte tenu de notre mode de consommation. Car non seulement il est néfaste pour l'avenir de notre planète,
mais il est toxique l'équilibre des échanges.Car, de même qu'un trop gros appétit peut nuire à notre santé physique et psychique, notre appétence sans limite pour une consommation non évaluée va
nous conduire dans le mur suivant et à une catastrophe identique à celle que nous subissons. Il nous faut donc réfléchir à un mode de croissance différent et non changer de thermomètre, comme on
semble nous le recommander; c'est la seule voie qui nous reste pour préserver l'avenir .