La démocratie d'opinion ne peut évidemment pas être la plus déterminante dans les choix des gouvernements mais elle ne peut être totalement négligée. Il est facile de railler la votation
populaire organisée à l'occasion du changement de statut de la Poste. S'il est vrai que le parlement élu pour représenter le peuple français est le marqueur d'une démocratie moderne et qu'il ne
doit pas soumis aux pressions et aux émotions de la rue, il doit par contre totalement remplir son rôle, en toute indépendance et en toute conscience , sans la moindre hésitation et ne pas être le
serviteur zélé d'un exécutif omnipotent. Sa représentativité doit être complète et le scrutin majoritaire sans la compensation d'une proportionnelle importante est loin d'avoir cette qualité. Ce
que nous appelons la majorité est en fait la représentation d'une minorité de Français et je dirais même d'une minorité d'électeurs. Même si l'on exclut les abstentionnistes, la non
comptabilisation des votes blancs, la non représentation des petits partis n'atteignant pas le pourcentage exigé et l'exclusion de leurs courants de pensée enlèvent une partie de sa légitimité à la
représentation nationale. L'addition des voix exclues est loin d'être négligeable et leurs pensées ont le devoir de s'exprimer, d'autant que les programmes présentés ne sont pas ceux qui sont
appliqués et qu'une partie de ceux qui ont voté se sentent floués par les décisions qui sont approuvées par le parlement. Et c'est là, la place de la démocratie d'opinions et elle a droit à ses
formes d'expressions qui sont, on ne peut plus légitimes. Les résultats des élections, quelles qu'elles soient ne sont pas des blancs seing donnés aux corps intermédiaires et leur surveillance peut
mener à des oppositions à leurs prises de décisions. Les manifestations et les votations populaires ont donc toute leur place dans l'expression de la démocraties. Elles sont légitimes et inscrites
dans la constitution de même que le droit de grève que le gouvernement actuel ne cesse de rogner. Elles sont la démonstration de la vie de la démocratie et le thermomètre de l'opinion. Si
elles ne doivent pas dicter leur loi elles sont là pour rappeler que le pouvoir appartient au peuple. On a confié au parlement les clefs de la maison mais c'est le peuple qui en est le propriétaire