Il serait de mauvaise foi de de ne pas reconnaître la nette victoire des conservateurs et des libéraux lors des élections législatives en Allemagne. Angela Merkel a réussi son pari d'éliminer
le SPD du gouvernement qu'elle va constituer et elle pourra ainsi développer son programme dans la cohérence qu'elle appelait de ses voeux. Cette victoire va, un peu plus, ancrer l'Europe dans le
libéralisme pur et dur qui est son idéologie dominante dont les différents traités signés depuis sa création n'ont fait que renforcer son orientation vers une dérégulation de plus en plus accentuée
et une privatisation des services publics. C'est ce phénomène de dérégulation qui fut le catalyseur de la sévère crise financière, économique et sociale dont toutes les populations du monde
sont victimes et dont nous ne sommes pas près de sortir malgré l'optimisme des augures. Ces élections allemandes ne sont nullement compensées par la victoire des socialistes au Portugal où M
Socrates va conserver le pouvoir, car il n'obtient pas la majorité absolue et sera contraint de composer pour former un gouvernement. Mais au delà des évidences l'analyse des résultats et les
commentaires qui les ont suivis mettent l'accent sur le rôle néfaste que la participation des sociaux démocrates au gouvernement de coalition allemand a pu jouer sur leur dégringolade électorale.
Cette confusion des genres a été pour beaucoup dans le caractère bien terne de la campagne électorale et le manque d'agressivité du leader social démocrate pendant la campagne. C'est cette
collusion qui a été sanctionnée par l'électorat. D'autres conclusions et leçons peuvent être tirées de ces résultats : d'abord le manque d'enthousiasme des électeurs et leur participation plus
réduite. Ensuite le recul , en pourcentage de la CSU qui n'est pas un signe d'approbation mais surtout la poussée importante du parti de gauche Die Linke qui a largement dépassé la barre des 10% y
compris dans l'ancienne RFA. De même au Portugal c'est le bloc de gauche qui a le plus progressé et nous verrons s'il a l'intention de participer à un gouvernement de coalition avec les
socialistes. Quels enseignements pouvons nous tirer de ces analyses? : le premier c'est que la clarté est indispensable aux yeux des électeurs et que tout message brouillé par une alliance
avec la droite est sanctionné par les électeurs. Que l'avancée de la gauche de la gauche est le signe d'un mécontentement grandissant dans certaines couches de la population et qu'une gauche
française qui n'entendrait pas ces messages est vouée à l'échec.