La réunion de l'assemblée générale des Nations Unies hier soir et cette nuit fut totalement hors normes par le nombre de chefs d'états qui y sont intervenus, par leurs propos et par la
théâtralité de leurs interventions. Khadafi y est allé d'un discours d'une heure et demie, avec la mise en scène du jet par terre de la charte des nations unis et par la teneur de ses
paroles mettant en cause la composition et le statut du conseil de sécurité. Ahmadinejad a une nouvelle fois éructé son antisionisme provoquant le départ de nombreuses délégations. Le
président américain a rompu avec l'unilatéralisme de son prédécesseur en appelant à un monde dénucléarisé et demandant que l'on mette dorénavant l'accent sur ce qui unit les états et non sur ce qui
les sépare; mais il n'a pas manqué l'occasion de mettre en garde l'Iran et la Corée du nord pour leur politique nucléaire. De nombreux autres chefs d'états se sont exprimés sur les nouvelles
coopérations qui doivent être mises en place pour un monde plus apaisé et plus juste. Nous pensions que dans cette atmosphère notre président allait faire chorus avec les propos d'Obama et de
Lula mais il a négligé cette opportunité pour jouer sa musique, dont le manque d'ampleur a frappé tous les observateurs, nationaux et internationaux. Je viens de parcourir la presse régionale dont
le jugement est particulièrement sévère.Elle parle de discours franco français sans envergure, l'un de ses titres évoquant l'image d'un zébulon sautant des deux pieds sur la scène internationale
pour parler aux français; un autre s'interroge sur la nécessité d'aller si loin pour s'adresser à ces concitoyens; un autre relevant un gros mensonge quand il dit que les paradis fiscaux "c'est
fini!". Tous les titres que j'ai cités ne relèvent pas de la presse d'opposition; nul doute que la presse parisienne va corriger le tir mais le mal est déjà fait et l'opinion internationale
renseignée. Fallait il se trouver à New York pour nous entretenir de l'affaire clearstream, nous confier la main sur le coeur qu'il n'était pas homme à supporter le mensonge et dévaloriser
quelque peu la fonction présidentielle, en parlant de coupables à propos de présumés innocents, laissant entendre souterrainement que la justice n'avait plus qu'à condamner. Je préfère penser qu'il
s'agit d'une bourde, dont le procès saura faire justice. Mais tous ces évènements ont tendance à faire passer dans l'opinion que ce voyage est un véritable flop!