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commentaires de l'actualité, de l'histoire et de mes livres

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DU GOULAG AU GOULASH

Ma mémoire étant le chien fidèle de mon âge, mon accès au Goulag ne passe plus que par la figure tutélaire de Soljenitsyne et "la journée d'Yvan Denissovitch" ce qui rétrécit, quelque peu ma navigation, dans l'archipel; non que je dénie à cet immense auteur le talent qu'il mérite mais parce  qu'il ne fut pas le premier à m'y faire louvoyer et que dans ces asiles où le vrai fou se garda bien  de séjourner, il y eut des témoignages plus émouvants et plus intimes et Chalamov garde dans mon esprit une tendresse particulière. Pourquoi parler de Goulag dont le mot n'évoque plus rien chez les plus jeunes comme si le temps devrait toujours effacer l'histoire et la culture, tel que le faisait le despote géorgien qui en exécutant son camarade l'effaçait en même temps de l'histoire. Mais le despote a fini par avoir raison, l'histoire a gommé  les noms des bourreaux et des victimes et les dissidents des dictatures ne sont que monceaux de limbes qu'accumulent des lettrés inaudibles dans la fureur du présent. Passe encore pour les bourreaux Gerö, Rakosi, Novotni, Kadar, mais que sont devenus dans le cheminement du temps, les Nagy, Dubek et autres Losonczy ou Gomulka. Ils se terrent plutôt que gêner ceux qui leur ont succédé en dissidence et qui fait ont fait déraper  la train qu'ils avaient lancé sur la bonne voie. Mais ne devrions pas nous interroger sur l'absence de balises visibles et l'irrégularité des tracés que nous leur avons fournies. La table du festin européen  où nous les avions conviés dressait elle les mets que leurs peuples attendaient? Pourquoi des dissidents tels Havel, Gérémiek, Mitchnik, Walésa et tant d'autres ont ils rompu avec la voie intermédiaire qui fut le credo de leurs intellectuels et se sont jetés dans la jungle anglo saxonne sans une once d'hésitation? Parce que nous ne leur avons rien offert d'autre.Parce que nous n'avions rien à leur offrir! Que la droite schismatique entre un nationalisme étriqué et une aventure vers le grand large avec une boussole ayant perdu le nord n'ait eu que son arrogance à exhiber lors des  choix difficiles qu'ils ont eu à adopter lors de la guerre d'Irak, mais la gauche qu'elle maison leur a t'elle construite; quelles perspectives leur a t'elle ouvertes, quels rêves réalistes leur a 't'elle laissés entrevoir. Comment les pays de ces enfants chéris de la dissidence, de ces enfants choyés auxquels nous dressions quotidiennement des louanges sont ils devenus ceux des plombiers que nous stigmatisons? Jan Palach serait il mort pour rien pour voir son pays sauter de la bouche d'un ogre à celle d'un autre. Tout simplement parce que nous avons bâti une Europe de la désunion, une Europe de la concurrence, une Europe de requins, une Europe sans âme, déshumanisée, une Europe de la rivalité exacerbée entre les peuples, une Europe du mépris pour les ethnies, une Europe sans fondations sociales, une Europe de bas salaires où naît un rêve américain, une Europe sans fraternité,  une Europe renfermée sur elle même et sans ouverture sur le monde. Qu'attendons nous pour en formuler une autre plus équilibrée, plus progressive, plus accueillante et plus fraternelle. Alors l'Europe pourra constituer un idéal d'unité et de justice sociale où le goulash fera partie intégrante de la cuisine européenne.
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M
J'ai découvert Vladimir Volkoff les humeurs de la mer en quatre tômes , je t'en reparlerai ! bises !
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T
je ne saurai mieux exprimer ce que je pense de l'Europe.<br /> Toutefois , les livres d'histoire , depuis l'antiquité , relatent finalement les épopées de quelques orgueilleux , qui pour leur réussite ,n'ont pas hésité à laisser la misère s'installer , comme à utiliser leur peuple comme soldats de plomb qu'on peut éliminer sans regret.<br /> Et dans notre monde moderne , je ne vois pas hélas , les mentalités évoluer vers plus d'égalité.
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M
Merci pour ce rappel! Un affreux parmi les afreux qui me fait frémir quand je vois sa photo, c'est Beria! En effet, tu as raison quelle belle leçon d'humanisme tu nous offres! Merci, encore pour ton papier, c'est un vrai délice de te lire! bisous
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L
Encore un article qui montre la profondeur de ta culture et tes voeux d'une Europe plus fraternelle.
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A
N'oublie pas qu'ils étaient dissidents d'une certaine gauche et que pour eux la liberté était à l'ouest de l'ouest. N'oublie pas non plus chez eux le poids de la religion...Havel se fit confesser par JP2, Walesa est un pilier d'église!
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L
Intéressant et passionnant ! des vérités ! Passes une bonne soirée et @+ Amicalement. Patrick.
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N
Bel article!<br /> Que de culture!!!<br /> Pour faire suivre à ton mail je suis moi aussi pour les produits de qualité, pas forcément bio mais dont je connais l'origine et le mode de fabrication : des poulets fermiers et des lapins élevés en plein air, des légumes du jardin ou des Amap... Des choses qui ont du goût et qui ne sont pas gavés de produits chimiques qui ne peuvent pas ne pas avoir d'impact sur la santé!!!
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M
ne nous réveillons surtout pas de notre torpeur sinon nous risquons de rencontrer le plus étrange des êtres : nous mêmes; je suis trop vieux pour y habiter dommage car c'est une belle demeure surtout si elle est hantée car la conversation nous apprendrait beaucoup sur nous mêmes
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Z
Pour l'article précédent<br /> P. Kornbluth écrivait en 1952 un roman : Planète à gogos, classé en science fiction, l'ouvrage était visionnaire et parlait de "consommateurs", c'est à dire des ex-citoyens. Tant de propos, de spectacles, concourent hélas à exalter l'argent, l'écrasement des autres, le paraître au détriment de l'être. Mais il y a des reflux, des changements. Souvent onubilés par le présent, nous ne pressentons pas ce qui est imminent, là aussi l'histoire le démontre. Alors résistons et espérons.
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T
il est doux de rêver...il faudrait un élan d'humanité....mais les gens cultivent de plus en plus leur égo....la soif du plus..plus de pouvoir,plus de droits,plus de fric...plus que l'autre..au détriment de l'autre...mais il faut quand même rêver..(vous êtes un puits de "science"..!)bye bye
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M
l'orage a perturbé mon emploi du temps et mon article est paru fort tard que mes amis daignent m'en excuser
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Z
Bel article, méconnaître l'histoire expose à la revivre disait G. Santayana. Ignorer l'histoire c'est aussi se priver de structures et d'éléments de comparaison, merci pour ces rappels.
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R
Tu m'épates tu sais... je suis toujours très heureuse de venir te lire, car tu formules exactement ce que j'en suis réduite à considérer comme une utopie quand je vois la réalité...<br /> Merci à toi.
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