"Je n'approuve pas vos idées mais je me battrais jusqu'à la mort pour que puissiez les exprimer" cette très belle phrases attribuée à un de nos philosophe de lumière, Voltaire, est elle
encore d'actualité? Tant de vilenies, tant de calomnies, tant de déformations de propos rapportés, tant de fausses accusations, tant de condamnations sur des informations fallacieuses, tant de
crimes commis au nom de "certitudes douteuses", au nom du racisme et de la xénophobie, au nom de vérités pseudo scientifiques, au nom de la supériorité de races ou de civilisations encore colportée
par des chefs d'état de pays civilisés, peuvent faire trembler de ses bases cet édifice intellectuel.Et pourtant, la liberté d'expression est la base même de notre civilisation. Elle a les limites
que lui donne la loi, ossature incontournable de nos relations personnelles, publiques ou internationales. Elle est au dessus de tout y compris de relations diplomatiques et du pouvoir d'état; elle
est la barrière à toute incursion, à toute intrusion de toute autorité qui essaierait d'abuser de ses pouvoirs et de son influence, elle nous met à l'abri des passions éphémères qui emplissent le
quotidien et l'histoire. Elle définit les délits et les crimes et les punit en conséquences. Je sais qu'il est de bon ton de critiquer la justice, de ne pas la trouver assez répressive, mais elle a
pour elle la justification de l'équilibre même si elle n'est pas à l'abri d'erreurs, quelques fois dramatiques.
J'ai en mémoire cet énorme tintamarre diplomatique à propos des caricatures de Mahomet parues en premier lieu dans un quotidien danois et reprises ensuite par de nombreux journaux occidentaux. Les
pays musulmans et leurs populations ont fait part de leur énorme émotion et les pressions se sont faites violentes sur le gouvernement danois, qui avait choisi de respecter la liberté de la presse
et je suis heureux que ce soit à la justice française que s'est adressée une association musulmane pour un procès en diffamation contre"Charly Hebdo". C'est à cette seule voie, celle de la justice
que doivent s'adresser des plaignants qui se disent victimes de violations de leurs convictions intimes ou de diffamation. Des accusations d'un autre type sont parues dans le tabloïd suédois
"Aftonbladet" mettant en cause l'armée israélienne dans un éventuel trafic d'organes prélevés sur des enfants palestiniens. Je conçois l'émotion de la communauté israélite devant de telles
accusations. Ce que je conçois moins ce sont les pressions qui sont faites sur le gouvernement suédois pour qu'il condamne les écrits de l'un de ses journaux et l'indignation que suscite son refus.
C'est, pourtant la seule attitude qu'il pouvait adopter pour respecter la loi. Si l'armée israélienne se sent diffamée il lui reste la possibilité de poursuive l'auteur et le journal devant la
justice pour propos diffamatoires ou outrancier. A moins que cette indignation ait un dessein différent!