Il semble que le temps béni des canonnières soit, hélas, révolu et que nos menaces guerrières, nos exigences, nos mouvements de menton ne rencontrent qu'une indifférence ironique auprès des
pays concernés. Combien de divisions demandait Staline pour apprécier le poids et l'influence d'un pays dans le monde. Certes il ne pourrait s'agir que d'une réflexion primaire car l'influence d'un
pays ne se mesure pas à l'aune de sa puissance; encore que lorsqu'il s'agit de divisions notre pays ne serait pas mal placé sur l'échiquier international. Mais pas plus que l'établissement d'une
base militaire au Qatar cet argument ne servirait pas de mesure à notre puissance réelle. Il nous faut donc , comme le Bernard l'ermite, avoir une bonne connaissance de la coquille qui nous sert
d'abri.L'abri, comme l'habit ne faisant pas le moine, notre influence est bien plus considérable que notre puissance et notre diplomatie bien plus efficace que nos canonnières. Dans un com chez
Nouchkaya, qui se posait des questions sur nos exigences concernant notre compatriote Clothilde Reiss, j'avais répondu que ces mâles propos étaient à visée intérieure mais que notre jeune
compatriote serait libérée après de discrètes tractations diplomatiques. Ce qui sera sans doute le cas car cette solution est en bonne voie. Vous vous souvenez encore des propos
malveillants tenus il n'y a pas si longtemps par certains de nos dirigeants sur la Syrie, ce pays terroriste et expansionniste tant décrié, figurez vous que c'est la médiation de ce pays qui aura
permis cet heureux dénouement. Alors que l'on cesse d'exhiber nos faibles muscles et que l'on fasse valoir la finesse de notre esprit. Notre pays garde encore une image lumineuse dans la plupart
des pays, au nom des droits de l'homme, au nom de la philosophie des lumières, au nom de notre république et de ses principes fondamentaux, au nom d'unE terre de liberté et d'accueil ; ce sont ces
principes là que nous devons absolument préserver pour conserver notre immense influence et mettons les canonnières épouvantails à la casse. Elles n'épouvantent que les oiseaux!