La prise du pouvoir par les talibans va se traduire en la pire théocratie des temps modernes, avec l'établissement de la plus terrible des charias, une tyrannie sans égale sur les corps et
les esprits, une chasse implacable et sanguinaire à toute culture, à toute musique, à tout spectacle, à tout art et à tout vestige du passé, l'art bouddhique dont le musée de Kaboul est un des plus
grand centre étant particulièrement visé avec la tentative de destruction des bouddha de Birmiyan qui sont les plus grands du monde, gravés dans la falaise. Les femmes sont devenus des non-êtres,
avec interdiction de sortir non accompagnées, interdiction de toute instruction et voile intégral obligatoire. Cette dictature religieuse impitoyable n'a , à aucun moment, été inquiétée par
la communauté internationale en dehors de condamnations verbales et sans effets. Il fallu les attentats du 11 septembre pour voir, enfin, une réaction américaine. Je fus de ceux qui applaudirent
des deux mains l'intervention américaine, d'autant que la stratégie du début me parut éviter les pièges d'une intervention directe, les forces américaines, en dehors des bombardements laissant aux
organisations afghanes antitalibans le soins de chasser du pouvoir cette théocratie; puis vint le massacre de la prison de Shebergan, ou le seigneur de la guerre, Dostam, d'origine ousbèque, se fit
l'égal sanguinaire de ceux que l'on combattait. La corruption, le trafic de drogue, l'indiscipline, la désorganisation intérieure, l'intervention de plus en plus directe des troupes alliées sur le
terrain aggravés par la funeste guerre d'Irak, allait conduire au marigot où nous enfonçons actuellement. Faut il toujours plus de soldats pour contenir les talibans, comme le réclame la hiérarchie
militaire américaine. La question reste posée aux stratèges mais risque de conduire à un vietnamisation du conflit. Je suis de ceux qui pensent que le développement est l'arme absolue contre le
fanatisme religieux; c'est pourquoi je n'ai jamais compris les destructions répétées des infrastructures économiques de la palestine naissante par l'état hébreux. Le développement économique
de l'Afghanistan est possible car les ressources minières de ce pays sont conséquentes. Les investissements occidentaux pour le développement sont insuffisants ou détournés par la corruption. La
Chine fait son petit bonhomme de chemin en mettant en oeuvre l'exploitation des mines de cuivre d'Aynak qui fournira une partie non négligeable du budget afghan. Le peuple afghan qui a su chasser
tous les occupants de son sol, saura gré aux investisseurs de les sortir d'une économie de drogue, à une économie de développement. L'occident doit faire des choix, ils sont urgents et
surtout décisifs.