Epinal évoque de belles images, c'est aussi un lieu d'annonce et c'est celui qu'avait choisi le président de la république pour nous exposer sa vision des
réformes constitutionnelles qu'il souhait faire adopter par le parlement. La rupture nous avait tellement été chantée par toutes les gazettes
écrites, parlées et télévisuelles que nous attendions, avec impatience, ses propositions. Je dois avouer que les propos n'ont pas été à la hauteur de nos attentes. En dehors d'une
vague allusion au nombre de mandats présidentiels, en dehors d'un compliment polémique envers Jack Lang sur lequel nous
reviendrons, le président a surtout insisté sur la possibilité, pour lui, d'intervenir, au moins une fois par an, à l'assemblée nationale. Il va de soi, qu'il
n'a pas donné de précision sur le caractère de cette intervention, sur sa forme, sur les opportunités de cette intervention ni la démarche qui a initié une telle prise de
position. Il s'est contenté de railler le fait, qu'un président de la république était le seul homme de pouvoir à n'avoir pas la possibilité d'intervenir au sein du parlement.Mais en
dehors des problèmes constitutionnels que pose cette intervention on ne peut s'empécher d'avancer que si le président a un droit d'exposer,il serait naturel pour le
parlement d'avoir un droit de réponse et de débat, sinon ce serait réduire le parlement à simplement un droit d'écoute ce qui ne rajouterait pas grand
chose au prestige de ce dernier. Je ne peux m'empécher de penser, que ce droit d'intervention ne sera qu'une formidable caisse de résonnance pour les projets présidentiels sans
qu'aucune pondération contradictoire ne puisse y être apportée dans l'instant, ce qui va encore déséquilibrer les pouvoirs en faveur de l'exécutif. Quant à la
fameuse commission chargé de réfléchir sur la réforme constitutionnelle et de la mettre en forme, commision où la participation deJack Lang est souhaitée, il
s'agit d'une nouvelle preuve du droit d'octroi que s'adjuge le président de la république en nommant les personnalités de son choix. Quand on pense, qu'il a peu de temps
encore, il nous affirmait qu'il assurerait au parlement un doit de regard sur les nominations, la
contradiction semble flagrante. L'équilibre des pouvoirs n'est pas une vision présidentielle et on vient une fois de plus de s'en rendre compte.