Si je crois à une composante personnelle, appelée charisme, dans toute vie politique, je ne crois pas que les adhésions les plus durables aux partis politiques et à leurs programmes soient de
l'ordre de l'emotivité et de la passion. Les exhortations et les incantations n'ont prise que sur le moment et sur des foules déja acquises. J'ai exprimé, ici même, mon souhait de voir se
constituer une grande force d'alternance allant du centre à l'extrème gauche sur un pacte de gouvernement, comme en Italie, malgré l'aspect conflictiel d'une telle cohabitation. Mais je pense que
même cet aspect là est créatif et que ce serait un grand progrès pour la démocratie , dans un grand forum d'idées et de propositions, à conditions que les adhérents, quels qu'il soient
respectent ce pacte de gouvernement. Mais je suis particulièrement sceptique sur des initiatives personnelles , entre deux tours d'élection, sans options programmatiques, sans
discussions préalables, sans quitus des organes de son parti. Je crains , en plus,que les les électeurs n'y voient qu'une manoeuvre politicienne, qu'un retour à de vieilles pratiques déja
condamnées, qu'une espèce de symétrie avec le débauchage réalisé par la droite.Il y a sûrement mieux à faire que de passer un coup de téléphone.La droite prépare des mesures que le moins qu'on
puisse faire c'est de les qualifier d'antisociales, redynamiser son électorat, mobiliser les classes populaires et moyennes sur les thèmes de la TVA et de la franchise médicale,
discuter des propositions contestables sur le regroupement familial, dénoncer le climat de xénophobie que la récupération des thèmes de l'extrème droite a engendré , tels sont les taches urgentes
qui attendent les dirigeants des partis d'opposition.