L'election confortable de Nicolas Sarkosy a remis en pleine lumière la vérité d'une réalité politique: la France est un pays conservateur. Conservateur dans sa stucture sociale, conservateur dans
la conception de la ville et de l'urbanisation, conservateur dans les aspirations de sa population, conservateur dans son évolution historique.Il n'est dailleurs pas anodin que les premières
mesures annoncées soient des mesures fiscales, avec un slogan qui risque de faire mouche:une France de propriétaires. Car la France historique est une conjonction de petits proprietairs,
d'artisans,de petits patrons d'entreprises, de paysans possédant souvent de très petites parcelles et de grands capitalistes, patrons de groupes industriels et financiers .La révolution
industrielle a peu touché cette structuration. Cette France est intrinsèquement hostile à l'interventionisme de l'état ce qui vaut le succès du projet de diminuer le nombre de fonctionnaires, elle
a été une des dernières a adopter une législation du travail moderne, alors que l'Allemagne Bismarckienne était à la pointe de mesures de prévention sociale qui allaient devenir par la suite la
sécurité sociale avec participation de l'état, mesures qui allaient être imitées dans toute l'Europe du nord sous la houlette de puissants partis sociaux démocrates. La France est restée longtemps
cantonnée à une conception de la prévention des risques du travail liée à la charité publique. Alors que dans une partie importante du continent européen, la revendication des huit heures de
travail quotidiennes étaient non seulement revendiquée mais souvent obtenue dès le début du 20è siècle, la France en est à critiquer une heure de moins quotidienne et à revendiquer la fin des 35
heures un siècle plus tard. La mondialisation, cette grande menace brandie par la haute finance qui possède tout, moyens de production et moyen financiers, totalement apatride n'est qu'un moyen
supplémentaire de précariser le travail. Les mesures fiscales qui seront effectives dans les mois prochains auront pour résultats d'affaiblir l'état et ses possibilités d'intervention intégrant par
là même la libéralisation totale souhaitée par L'Europe que l'on est en train de construire , celle qui rencontre l'hostilité des peuples qui veulent une Europe des peuples et des nations dans une
relation sociale équilibrée.