L'agression du magistrat du tribunal de Metz met en lumière l'extrème précarité de la justice en France.Manque de moyens, manque de personnels, manque de sécurité ont été soulignés à cette occasion
par les magistrats lors de leur manifestation. D'autant que la justice se sent mal comprise, mal percue, mal intégrée dans la vie démocratique de la nation. Elle est dénigrée par une
partie de la population qui comprend mal son fonctionnement et qui l'accuse de laxisme, accusation renforcée par des politiques démagogiques et populistes qui suivent au plus près les réactions de
l'électorat et pour lesquels le thème de la sécurité est un bon placement électoral. Cette précarité est démontrée par les chiffres qui font du budget de la justice un des plus bas de l'Europe
occidentale, elle est visible par le manque de forces de sécurité pour exercer des controles et une surveillance à l'entrée des tribunaux, l'agression de Metz en est la conséquence tragique.
Pourtant la justice est une composante majeure de la démocratie car elle permet, grace aux règles dont elle est le garant, à celle ci de s'exercer. Les solutions: redonner à la justice confiance en
elle même, redonner au citoyens le respect de la justice et de ses fonctionnaires, faire cesser les attaques inopportunes et intempestives des hommes politiques contre tel ou tel aspet de son
fonctionement, ne pas remettre cause son indépendance et son honnèteté , définir avec précision son rôle et ses limites, donner aux magistrats les outils pour faire appliquer les sanctions
prononcées, ne pas remettre en cause, au gré des circonstance, ses démarches et son fonctionnement, ne pas essayer de rationnaliser la pénurie en éloignant la justice des justiciables.