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Youyou est, sans doute, mon cousin germain qui a le plus interpelé ma mémoire ! Sa vie n’a rien de bien épique mais il est l’exemple même de l’ombre mémorielle, à peine floutée par le temps, qui surgit aux moments les plus inattendus, qui induit un dialogue avec le passé familial, où quelques traces de culpabilité s’impriment dans un subconscient qui effleure le souvenir. Car Youyou a été un cri dans la nuit noire et sourde qui n’a rencontré aucun écho ! Youyou est un reflet de vie dont le miroir renvoie aux vies oubliées dans le fouillis de l’activité des mondes et aux marbres froids qui structurent et enserrent nos indifférences et nos hostilités à l’autre !
L’incompréhension est le sentiment dont je me sens le plus enduit. Non pas parce mes écrits ne sont pas compréhensibles, non pas parce le dialogue avec mes interlocuteurs me parait stérile, mais parce que l’évidence de la situation économique et sociétale échappe à la quasi-totalité de ceux qui la vivent. Un seul chiffre pourrait la décrire : 1% de la population mondiale détient 50% de la richesse de la planète ! Un autre chiffre qui me parait tout aussi terrifiant : 1% de la population mondiale capte 80% des revenus supplémentaires liés à l’activité humaine. Cette situation, qui est liée au système ultralibéral, échappe totalement, soit volontairement soit involontairement aux gens qui ont les moyens de l’observer.
Bill Gates, dans son plaidoyer pour le libéralisme décrit tous les progrès matériels que ce système a apporté à la vie de tous les jours y compris l’allongement généralisé de l’espérance de vie mais il oublie de signaler que dans certains pays comme les USA cet allongement a pris fin du fait de la surconsommation, il oublie volontairement ou pas de signaler que le nouveau monde créé, est un monde, qui a perdu toute authenticité, emmaillé par le BIG DATA, où toute nos initiatives nous sont totalement suggérées, où se poursuit, à grande échelle, les destructions catastrophiques de notre planète.
Youyou, dans sa grande détresse avait, sans doute plus de liberté que chacun d’entre nous, et le souvenir qui me poursuit est peut être celui d’un monde perdu !