Quelques intellectuels de toutes qualités ont décidé de faire le lien dans un débat entre identité nationale et l'histoire récente de notre pays depuis la dernière guerre mondiale. Je
souscris d'autant plus à ce débat qu'un de mes articles soulignait récemment le lien entre la xénophobie d'une partie de nos concitoyens et l'empreinte laissée dans le subconscient national par les
dernières aventures coloniales Vietnam et Algérie auquel j'ajouterais l'épisode tragique du régime de Vichy. Il n'est pas innocent que dans les dernières condamnations faites par l'opposition le
terme de "Vichysme" revienne fréquemment. Dans les nombreux dérapages du débat sur l'identité nationale on retrouve souvent des propos idéologiques de ce régime de collaboration, exclusion des
autres et en particuliers des juifs, définition restrictive d'une identité restrictive, repli exclusif sur des valeurs familiales, religieuses Chrétiennes et paysannes et j'en passe.Tout ce que le
conseil national de la résistance( CNR) avait condamné de façon catégorique pour ouvrir la voie à une France solidaire et généreuse. Le dernier conflit social aux Antilles a fait resurgir les vieux
démons colonialistes. Certains ont eu la tentation de ne donner comme choix aux antillais que la soumission à leurs conditions actuelles ou le retrait de la France. Cette tentation du repli sur le
seul hexagone est antinomique de la grandeur de la France dans un but de purification identitaire. Cette purification nécessite donc un repli identitaire dont les conséquences échappent à ses
promoteurs. Car la France réduite à ses limites hexagonales est une petite puissante mondiale malgré son rang dans la hiérarchie mondiale sur le plan économique. En gardant ses territoires
annexes répartis sur tous les continents et les océans elle demeure une très grande puissance maritime et garde une réserve de richesses tirées de la mer qui est considérables, sans compter les
possibilités stratégiques qui en découlent. Elle conserve aussi la capacité de faire partie de plusieurs alliances régionales dont l'influence n'est pas négligeable. Les défaites coloniales de
notre pays, Haïti, Vietnam, Algérie ont, elles aussi, construit l'hostilité xénophobe des plus fragiles qui les ont ressenties comme des humiliations personnelles qu'ils ne sont pas prêts de
pardonner à leurs auteurs. Car l'histoire coloniale continue à habiter le subconscient français comme des épopées généreuses, tant est grande l'ignorance sur sa véritable réalité. Michel
Rocard, qui est grand homme d'état, a dit un jour, et ce ne fut pas sa meilleure phrase, que la France ne pouvait pas accueillir toute la misère du monde et cette phrase sert de support aux
vociférations anti- immigrés. Il faut quand même savoir que les pays du Sud participent à hauteur de 200 milliards d'euros à la richesse des pays du nord( solde entre le nord et le sud) et que l'on
n'a pas trouvé 100 milliards à Copenhague pour leur permettre d'échapper aux dégâts du réchauffement climatique. C'est donc un débat indispensable que proposent ces intellectuels qui va essayer
d'estomper l'ignorance d'une partie de nos concitoyens et de lutter contre certaines pollutions intellectuelles