Une fois finie les effets de manches , les coups de menton qui se voulaient guerriers et déclarations sibyllines d'amitié et d'amour, le couple Europe -Etats Unis se retrouve gros jean comme
devant , à affronter les dures épreuves d'une relation où l'incompréhension est le caractère dominant. Car si l'Europe avec 7% de la population mondiale est une immense puissance économique, la
première du monde avec un PIB dépassant celui des Etats Unis, les divergences qui se font jour en son sein, avec un Royaume Uni toujours tourné vers le grand large et des puissances moyennes
qui continuent à se méfier du couple franco allemand pour des raisons historiques et économiques, affaiblissent fortement sa position. Le traité de Lisbonne et le pataquès à trois têtes de sa
gouvernance n'on en rien amélioré les choses et la visibilité de l'Europe demeure bien floue. D'autant qu'au sein de chaque pays des minorités n'on négligeables font entendre une complainte
xénophobe et une sonnerie de retraite identitaire qui n'est en rien propice au dynamisme. Ce que l'on disait de l'Allemagne il y quelques décennies on pourrait l'appliquer à la lettre à
l'Europe actuelle : c'est un géant économique et un nain politique. Que l'on se s'étonne pas du désintérêt du président des Etats Unis pour l'Europe dont le symbole fut l'annulation récente de son
voyage en Espagne pour une conférence internationale. Le président Obama l'ambition de rétablir son influence dans le monde et de retrouver son pouvoir d'influence et de séduction dans son propre
pays. Il va d'abord aux devant des puissances les plus dynamiques de la planète et ces puissances ne sont pas en Europe car des pays comme l'Inde sur lequel les USA comptent pour
contrebalancer la puissance chinoise sont sûrement des destinations plus urgentes. D'autant que des petites rancoeurs se sont glissées dans les relations Europe- USA , les européens reprochant une
certaine faiblesse du président américain au sommet de Copenhague face à la Chine et dans le conflit Israélo-Palestinien face à la poursuite de la colonisation dans les territoires occupés. Quand
aux américains ils n'apprécient pas tout tout la guerre des égo que se jouent entre eux les chefs d'états européens qui ont abouti à ce serpent de mer à trois têtes qu'est la gouvernance
européenne. Pour se faire entendre l'Europe doit retrouver l'essentiel de ses valeurs morales, une politique d'industrialisation dynamique, un politique sociale qui lui vaudra l'adhésion de ses
populations et conserver son modèle social que tout le monde lui envie. Un plan européen concerté de relance industrielle , une volonté politique de mettre un terme à la guerre des égo, un
dynamisme commercial retrouvé avec une large ouverture sur le monde, bref mettre un tigre dans le moteur européen sont les conditions sine qua none pour retrouver une place prépondérante dans le
concert des nations.