C'est en cherchant un texte de George Ripert, célèbre juriste de droits de la mer et de droit international, ce qui semblerait démontrer aux mauvaises langues, qu'il m'arrive de travailler,
que m'est venu le désir d'y réfléchir. Le vacarme médiatique, souvent intempestif semble quelque peu nous priver de nous mêmes.J'ai eu trois heures de conversation, disait Cioran, et j'ai perdu
trois heures de silence. Il est vrai que nous sommes pas tous à la recherche de la gloire car comme disait un grand philosophe,Ségala, en parlant de rolex, si vous l'avez pas à cinquante ans vous
avez raté votre vie. Alors le tintamarre médiatique n'est pas pour vous, les promesses fallacieuses n'ont aucune raison d'être, les phrases creuses n'ont aucune place dans votre temps de vie et les
apparitions télévisées pour faire garder de vous un bruit de fond, vous empêchent d'entendre votre musique personnelle.La gloire, pourtant n'est pas autant antinomique du silence que ne le souffle
l'évidence, le mime Marceau semble l'avoir démontré. Entre le bruit et le silence il y a toute sortes de tonalités mais il en est un que dois écarter de mon discours c'est le vacarme assourdissant
de ceux qui prétendent, à eux tout seul, résoudre les problème du monde. Mais reconnaissons à la parole une part certaine d'utilité. La parole est ce qui permet à l'homme de s'élever au dessus de
l'animal. Dans la maïeutique socratique, la parole est ce qui permet d'accoucher de son être, d'aller se chercher à l'intérieur de son être et de se découvrir. Ce questionnement réponse permet de
se libérer, de s'éveiller à sa propre conscience et de gagner des degrés de liberté. La psychanalyse semble agir sur la même portée.Au début était le verbe dit la genèse qui fait de la parole un
acte créateur, un acte libérateur, un acte de renforcement de soi et du monde à travers soi. Mais de telles paroles s'adressent à soi même: il en existe d'autres qui s'adressent à l'autre, qui
sont du domaine de l'altérité,du social, du sociétal, du civilisationnel.L'écriture qui n'est que la transmission de la parole par dessus les générations a pour moi le mérite du silence. Quant aux
autoprédicateurs ceux qui s'adressent aux autres que pour se raconter et pour se grandir, il me semble qu'ils doivent se sentir très petits pour se livrer à de tels exercices. Reste le silence ,
vaste sujet s'il en est, dont on dit qu'il est d'or, tant la richesse de son interprétation est immense.De réserve à embarras, de désapprobation à admiration muette, il est surtout le moyen
de se retrouver dans le calme , dans la tranquillité, dans l'interrogation de soi, dans la faculté de retrouver les sensations utérines d'un avenir en devenir. Il n'est pas jusqu'à la justice qui
ne lui fasse une place suffisante puisqu'elle spécifie le droit au silence qui n'est pas, dit la jurisprudence, un acte d'acceptation des accusations que l'on porte contre vous mais simplement un
droit imprescriptible. Je sais bien qu'il est d'usage d'accepter qu'on puisse vous faire sortir de votre silence et que l'homme, qui a inventé la torture, se sert d'elle contre le silence. Les
silences des grands cimetières sont les témoignages de telles barbaries. Ils hurlent au monde que les hommes sont faciles à déshumaniser et que le pire peut encore avoir un avenir!