Mon intention aujourd'hui était de vous parler de langues dont les nombreuses disparitions appauvrissent notre capital culturel; mais la revue de presse que je fais régulièrement tous les
matins, pour des raisons diverses et familiales, m'a fait redescendre de la ligne de crête où je m'étais engagé. Car quelques faits importants sont rapportés dans les médias, dont l'importance est
inégale mais qui méritent, tous, votre attention.D'abord notre ministre de l'économie a retrouvé la voie de l'humour, elle qui faisait office de nuit sans lune, déclare sans sourciller" que la taxe
carbone n'alourdirait pas la fiscalité"; je comprends très bien que les français aient envie de sourire par ces temps difficiles, et je salue la tentative de notre ministre pour se trouver un autre
registre que la froide élégance dont elle est habituelle; mais ne s'improvise pas humoriste qui veut et ce talent n'est pas le sien. Un autre qui doit faire trembler nos évadés fiscaux, réfugiés
habituels des épais et silencieux tapis des banques suisses, c'est le ministre du budget dont le bluff risque d'en faire sourire plus d'un.Heureusement des nouvelles plus sérieuses nous parviennent
de l'étranger; alors que nos médias unanimes saluaient déjà l'élection, dans un fauteuil de la chancelière allemande, les résultats électoraux, dans les trois Lands en jeu, ont sonné comme un
discret séisme, avec un recul important de la CDU et de ses alliés et une montée en force de la gauche d'Oskar Lafontaine et de son partie "Die Linke" de même qu' une progression des verts qui
risquent de faire basculer à gauche le gouvernement de deux de ces régions. Mais une un bonne nouvelle en appelle une autre et l'écrasement du parti libéral démocrate au Japon qui perd la majorité
législative qu'il détenait depuis cinquante ans.Oh, rassurez vous, braves gens le parti démocrate japonais, n'a pas le couteau entre les dents et est dirigé par un milliardaire transfuge du parti
libéral.Mais les japonais en avait marre de cette crise qui traîne depuis plus dix ans, de la corruption et du clientélisme de l'ultra libéralisme au pouvoir et ont voté pour un programme modéré de
réformes sociales en faveur des jeunes, des aînés, des chômeurs, de la famille et du logement. Son financement n'est pas acquis , ricanent nos médias dont le rictus jaunit sous le coup de la
déception, mais l'intention demeure et c'est cela l'important. Ce frémissement à peine sensible, conséquence de cette crise fomentée par les squales de la finance internationale, me parait
significatif d'une prise de conscience par les plus jeunes que le monde ne pouvait plus continuer à marcher sur la tête.