Dimanche 30 décembre 2007
Il fut un temps où l'on pouvait donner
Du temps au temps
Il fut un temps où l'on pouvait se donner
Du bon temps
Il fut un temps où l'on pouvait consommer
Des printemps
Où les heures se suivaient
En dehors de tout temps
Où les ans s'envolaient
Bien au dela des temps
Le temps a pris son temps
Pour user notre temps
Et nos ans ont suivi
Cette courbe du temps
Et nous voila aux temps
Où l'on n'a plus de temps
Où nait la nostalgie
Du temps où l'on pouvait laisser
Du temps au temps
Vendredi 28 décembre 2007
Le, dorénavant, ombrageux Dr Brown n'avait laissé échappé qu'une seule phrase depuis cet évènement: " aucun être qui s'en prendra à moi n'en sortira indemne" avait il glissé dans une
conversation. De fait, et surement par des coïncidences extraordinaires, le nouveau patron de son ancien département scientifique avait plongé dans une piscine que l'on commençait à peine de
remplir lors d'un voyage en Espagne, un de ses condisciples qui était soupçonné d'avoir été l'instigateur des manoeuvres qui furent à l'origne de son effacement trouva une fin tragique en essayant
son fusil sous marin dans un bassin: le projectile rebondit sur la paroi et vint lui transpercer la poitrine, une jeune femme dont les propos avaient été méprisants ne put jamais avoir d'enfant
pour des raisons médicales,telle autre a connu toutes sortes de mesaventures sentimentales avant de se suicider. Tout cela n'était pourtant que racontars ou aléas de la vie et ne pouvait
être étayé par aucun élément de preuve. Seule la haine d'Elisabeth pouvait faire de ces spéculations l'édifice de sa vengeance. Le fait est que Brown persista dans un isolement relatif et toutes
ses connaissances furent surprises par son mariage accéléré peu d'années plus tard. Nul ne sut le fin mot de l'histoire mais l'on persiffla sur cette union hative et supposée sans
véritable amour car Hiéla était l'opposée d'Elaine. Brown ignora ces bavardages mondains et se réfugia dans sa vie professionnelle avec un acharnement, une détermination et un talent qui lui
firent une renommée régionale.On le croisait surtout aux spectacles de danse. Dans ces temps où il participait encore aux discusions amicales il parlait de la danse comme des accélérations
créatives du mouvement permanent. Dans leurs apparences immobiles le moindre objet est en perpétuel mouvement.Assis sur une chaise nous nous déplaçons avec une vitesse que nous ne soupçonnons pas.
La danse est là pour nous reveiller aux mouvements, elle est le symbole de ce que nous pouvons créer avec une palette de discontinuités, elle est le miroir de ce que nous pouvons exprimer par le
mouvement dans le mouvement , elle la preuve élégante des possibilités de nos corps de décrire les formes les plus absolues de notre appréhension du mouvement. L'enthousiame de Brown pour
la danse ne s'est jamais démenti même dans les moments les plus sombres. Il était un danseur hors pair et il dégageait une fluidité, une énergie , un souffle qui faisaient l'admiration de
ceux qui l'accompagnaient.
A SUIVRE
Vendredi 23 novembre 2007
Tous ceux qui eurent connaissance des accusations d'Elisabeth crurent à un effet de sa grande douleur ou à la résurgence de son état dépressif. D'ailleurs pour lui faire abandonner
ce genre de fantasmes une enquête fut diligentée discrètement sur l'emploi du temps de Brown et vingt confrères temoignèrent de sa présence à un enseignement universitaire qui s'acheva bien plus
tard que l'heure présumée de l'accident. Pourtant aucune tentative de raisonnement ne fit varier la veuve de son intime conviction. Mais loin de se lamenter elle se prépara, car elle savait
qui était le responsable de ses malheurs. Elle se souvenait très bien de ce diner, elle se rappela le malaise profond qu'elle avait ressenti dès qu'elle fut en face de ce médecin, elle se remémora
ces regards an biais qu'il lui lançait , elle avait lu dans ses yeux d'acier l'extrème volonté de la posséder, de la désarmer, d'anéantir chez elle toute volonté de résister, de controler ses
réactions et de la pousser cette conduite inconsciente qui avait été à la source de tous ces évènements.Elle décida donc de taire , de ne plus évoquer du tout cette douloureuse affaire, de faire
semblant de se retirer du monde où jusqu'à présent elle avait baigné.La guerre elle la ménerait, seule, contre ce petit monsieur qui se croyait invincible et intouchable. Elle décida d'étudier
tous les phénomènes paranormaux , d'aller consulter, là où il le fallait , tous les experts en la matière; pendant trois ans elle voyagea. Moscou et Kiev furent ces premières visites, des
èvènements inexplicables y étaient relatés, elle fréquenta les cercles russes de sciences occultes, ce qu'elle y appris renforca encore sa détermination. On lui conseilla d'aller faire la
connaissances des sorciers africains, elle découvrit les trois sortes de magie, noire, rose et blanche, elle vit apparaitre au cours de certaines séances de véritables lieux de chasse au cours de
danses rituelles, toutes sortes d'attributs lui furent révélées, elle poursuivit sa quête en Haiti où des prètres vaudou lui enseignèrent le secret des transes, aux
Antilles françaises les mystères des quimbois et autres sorts furent vite assimilés, en Australie elle fréquenta les religions ancestrales et leur cortège de croyances, en Amérique du Sud elle
s'enfonça dans les régions ls plus reculées, dans la jungle amazonienne, sur les hauts plateaux toujours à la recherche d'hommes ayant du pouvoir sur les autres et sur les éléments, . Sa
classification fut méticuleuse. Elle ,l'occidentale mondaine, découvrait des mondes inimaginables mais dont la réalité lui parut évidente.Elle pensa a ces sorciers des régions du centre de la
France et lui revint en mémoire une histoire effrayante que l'on racontait à propos de Brown A SUIVRE
par mocekx
15
recommander
Vendredi 16 novembre 2007
Elisabeth présenta un etat d'abattement total; elle cessa d'écrire, ne voulut plus sortir, resta confinée dans sa chambre, avec des alternatives de crises de larmes et d'apathie
totale; l'appétit vint à lui manquer,
elle se désinteressa de tout, ne voulut voir personne, refusant toute invitation et toute vie sociale ce qui ne manquait de créer un
certain nombre de problèmes à son époux dans sa vie relationnelle et professionnelle.Le professeur consulté diagnostiqua une dépression majeure , lui prescrit une médication des troubles
de l'humeur et préconisa, lorsqu'elle en serait capable, une psychothérapie afin d'approfondir les raisons d'un état survenu si subitement. L'anti dépresseur sortit la malade de sa torpeur et
germa , en elle, un méchant désir de vengeance. Ainsi ce qui n'avait été qu'un jeu pour Brown allait connaitre des développements douloureux. Elisabeth, dont l'époux s'inquiétait de l'état, se
décida à lui parler. Mais loin de dire la vérité, elle accusa Brown de tentatives de séduction, de harcèlement , de comportements agressif et de menaces.Klin , qui avait gardé une rancoeur tenace
pour ce petit médecin ne demanda qu'à la croire.Il le convoqua à son bureau, lui fit une scène épouvantable, lui prédit toutes sortes d'ennuis fiscaux et professionnels et le congédia comme un
laquais. S'il avait été plus attentif il aurait vu rougeoyer la lame d'acier dans les yeux de son interlocuteur, dont la colère resta muette car il avait un sens certain de l'honneur qui lui
interdisait de se defoncer sur Mme Klin. Le médecin eut les controles promis, il lui fut quasiment impossible pendant quelque temps d'exercer normalement son métier, mais il demeura coi
et déterminé.Il fit face à cette situation embarrassante avec une solidité morale qui força l'admiration de ses proches, il ne se plaignit jamais, pas un mot de ressentiment ne sortit de ses
lèvres. Il résista mais certains observateurs auraient pu apercevoir cette flamme de plus en plus impressionnalte qui brulait dans son regard. Quelque temps passa , et au retour
d'une réunion officielle, un soir du début du printemps, pour une cause totalement imprévisible mais surtout sans raison particulière la voiture de Klin quitta la voie rapide, fit
plusieurs tonneaux sur le bas coté,écrasant ses deux occupants, le chauffeur et le fonctionnaire. La désincarcération fut laborieuse , les deux hommes gravement blessés, mais ils respiraient
encore. Le transport vers le CHU necessita un hélicoptère mais pendant le transport Klin se mit a gonfler, son thorax prenait l'aspect d'un ballon, il respirait de plus en plus mal, il
commença à se cyanoser; ce n'était le diagnostic qui préoccupait l'assistance médicale mais son traitement; il souffrait d'un emphysème sous cutané, lié probablement à une fracture de cote qui lui
avait perforé un poumon. Tous les efforts qui furent effectués pour arréter sa progression s'avérèrent vains et Klin mourut dans un désespoir conscient de son asphyxie
progressive. A part cette lésion particulière aucune des autres blessures ne se révéla fatale. Elisabeth accusa immédiatement Brown d'être le responsable de cet
irremédiable accident A SUIVRE
par mocekx
11
recommander
Mercredi 14 novembre 2007
Mme Brown se présentait comme une très jolie femme ; certes son son côté poupée Barbie forçait quelque peu le trait, mais l 'agacement venait de son habitude
d'intervenir sur tous les sujets , surtout sur ceux qu'elle ne connaissait pas, ce qui avait fini par lui faire réputation. Ce soir là alors que le climat allait vers l'apaisement,
elle prit abruptement le contrepoint de son époux. Les convives en conçurent une profonde consternation; le propos tomba à plat mais alourdit quelque peu le silence prudent que
l'intervention de Brown avait fait naître.Elisabeth jouait toujours de son charme en essayant de mobiliser l'attention par des petits gestes qui auraient pu paraitre anodins mais que le
principal destinataire n'ignora qu'en apparence; cette relative indifférence eut pour conséquence d'exacerber la curiosité de sa vis àvis.Pourtant la rétine de Brown photographiait ses faits
et gestes , la lame d'acier se fit miroir et Elisabeth crut un temps apercevoir les reflets des fantasmes du médecin. Les desserts et les digestifs furent à la hauteur du repas et l'Armagnac XO que
le dr Brown , réchauffa dans son verre de cristal de Bohème, allumait des teintes ambrées qui enflamma son imagination. Il perdit son regard dans le verre et il devina la silhouette
dénudée d'Elisabeth, et ouït la longue plainte exhalée au bout des expressions corporelles interminables, qu'il avait mis en scène pour elle. Une fois de plus
Elisabeth fut atteinte par le chuchottement. Le diner allait s'achever et le moment de prendre congé arriva ; froide fut la poignée de mains des deux protagonistes de la
discussion sur l'Allemagne, provocateurs furent les yeux d'Elisabeth, cordiaux furent les au revoir des Kahn, un peu trop appuyés furent les remerciements de Mme Brown. Quant à son mari, le départ
avait dissipé ses fantasmes, il répondit avec gentillesse aux questions de son épouse , il était de bonne humeur car il avait passé une excellente soirée, en bonne compagnie et pour lui
c'était là l'essentiel. Ils habitaient une immense maison dans le village de son exercice, il rangea tranquillement sa voiture, et pendant que sa femme entamait une longue séance de
démaquillage et de soins du visage , étalé sur un canapé il écouta du Bach. Lorsqu'il monta se coucher, sa compagne était endormie , il se glissa en silence sous son édredon. La nuit fut
courte et sans souvenir de rêve. Le matin le vit se presser pour se laver et s'habiller. Le petit déjeuner copieux et élégant avait été dressé par son épouse Hiéla qui l'attendait à table.
Ils conversèrent sur le temps et la pénible journée qui se profilait pour le médecin , il posa un léger baiser sur les lèvres de Hiéla avant de se rendrer à son cabinet. Dans
le courrier que lui amena sa secrétaire , se détachait une enveloppe bleue ,non timbrée; il eut le pressentiment immédiat qu'Elisabeth avait fait des siennes
A SUIVRE
Commentaires Récents